En cas de décès d’un cotitulaire, le compte joint n’est pas automatiquement bloqué. Il continue en principe à fonctionner au nom du cotitulaire survivant, sauf opposition des héritiers. Mais cela ne signifie pas que tout l’argent appartient au survivant. Le solde du compte au jour du décès doit être examiné pour déterminer la part appartenant au défunt, qui entre dans la succession. Cette part dépend du régime matrimonial, de l’origine des fonds, du lien entre les cotitulaires et des preuves disponibles. Les héritiers peuvent s’opposer au fonctionnement du compte s’ils craignent une utilisation abusive. Le compte joint est donc pratique pour la vie courante, mais il ne doit pas être confondu avec un outil de transmission successorale.
Mon argent
Le découvert bancaire correspond à un compte dont le solde devient négatif. Il peut être autorisé ou non, mais il est souvent payant : la banque facture des agios (intérêts liés au montant et à la durée). En cas de dépassement ou d’incident, d’autres frais s’ajoutent, notamment les commissions d’intervention, plafonnées à 8 € par opération et 80 € par mois (moitié moins pour les clients fragiles, dont les frais d’incidents sont plafonnés à 25 € par mois). À compter du 20 novembre 2026, tous les découverts seront encadrés par les règles du crédit à la consommation. Si les frais paraissent excessifs, vérifiez la convention de compte, la brochure tarifaire et les plafonds, et demandez le détail du calcul.
Chaque parent peut donner jusqu’à 100 000 € à chaque enfant sans droits de donation, renouvelable tous les 15 ans. Cet abattement se cumule avec le don familial de somme d’argent de 31 865 € (sous conditions). Jusqu’au 31 décembre 2026, une exonération supplémentaire de 100 000 € existe pour les dons d’argent destinés à l’achat d’un logement neuf en résidence principale ou à des travaux de rénovation énergétique. Les dons doivent généralement être déclarés, même sans droits à payer — et dans le mois pour les dons exonérés. Pour les biens immobiliers, les donations-partages ou les situations familiales sensibles, le recours au notaire est indispensable ou fortement recommandé.
La SCI entre concubins organise l’achat et la gestion d’un bien immobilier, surtout pour anticiper un décès ou une séparation. En concubinage, le survivant n’hérite pas automatiquement, n’a aucun droit sur le logement, et subit une fiscalité de 60 %. La SCI permet de structurer la détention par des parts sociales et d’insérer des clauses adaptées. Le démembrement croisé des parts renforce nettement la protection du survivant : au premier décès, il conserve la jouissance totale du bien sans droits de succession (article 1133 du CGI). Mais le montage est technique — coût d’entrée (droits d’enregistrement de 5 %), contraintes de gestion, risque d’abus de droit si le but est exclusivement fiscal, complications bancaires — et doit être préparé avec un notaire, puis coordonné avec testament, assurance-vie, Pacs ou mariage.
Le concubinage est très peu protecteur en cas de décès : le concubin survivant n’hérite pas automatiquement et, s’il reçoit des biens par testament, il est taxé à 60 % après un abattement de seulement 1 594 €. La donation entre concubins est tout aussi coûteuse. Les outils les plus efficaces sont souvent l’assurance-vie (fiscalité très favorable, surtout avant 70 ans), le testament (dans la limite de la quotité disponible), l’achat immobilier bien structuré, la convention d’indivision, la clause de tontine, voire le Pacs ou le mariage — ces deux derniers offrant une exonération de droits de succession. En présence d’enfants ou d’un bien immobilier, le recours au notaire est essentiel.
Le testament permet d’organiser la transmission de ses biens après son décès. Il peut être rédigé seul sous forme de testament olographe, à condition d’être entièrement écrit à la main, daté et signé. Il peut aussi être établi devant notaire sous forme de testament authentique, plus sécurisé. Le testament doit être personnel et ne peut pas être commun à deux personnes. Il permet de désigner des bénéficiaires, mais il doit respecter les droits des héritiers réservataires, notamment les enfants. Pour éviter les erreurs, les ambiguïtés ou la perte du document, il est souvent conseillé de déposer son testament chez un notaire.
Un prélèvement non autorisé est un prélèvement effectué sans mandat valable ou après révocation ou résiliation. Si vous n’avez jamais autorisé l’opération, vous pouvez la contester auprès de votre banque dans un délai de 13 mois à compter du débit. Si le prélèvement était autorisé mais que vous contestez le montant, le délai est en principe de 8 semaines. En cas d’opération non autorisée signalée dans les délais, la banque doit vous rembourser rapidement, sauf soupçon de fraude. Il est aussi important de bloquer les futurs prélèvements du créancier concerné.
Un chèque sans provision est un chèque qui ne peut pas être payé parce que le compte de l’émetteur n’est pas suffisamment approvisionné. Avant le rejet, la banque doit avertir l’émetteur et l’inviter à régulariser. Si le chèque est rejeté, l’émetteur risque des frais bancaires, une inscription au fichier central des chèques et une interdiction d’émettre des chèques pendant 5 ans maximum. La situation peut être régularisée en payant le bénéficiaire, en représentant le chèque après approvisionnement du compte ou en bloquant la provision. Si vous avez reçu un chèque impayé, vous pouvez demander un certificat de non-paiement puis faire intervenir un commissaire de justice.
Les frais bancaires peuvent être contestés lorsqu’ils sont facturés par erreur, mal appliqués, non prévus ou supérieurs aux plafonds légaux. Les commissions d’intervention sont plafonnées, et les clients en situation de fragilité financière bénéficient de protections particulières, avec un plafonnement des frais d’incidents. Pour contester, il faut analyser ses relevés, vérifier la brochure tarifaire, demander des explications à la banque, puis saisir le service réclamations et le médiateur bancaire si nécessaire.
La retraite dépend de l’âge, du nombre de trimestres et des revenus. L’âge légal monte progressivement vers 64 ans (génération 1969 et après), mais la suspension de la réforme gèle cette hausse du 1er septembre 2026 au 1er janvier 2028 pour les générations 1964 à 1968, qui partent un peu plus tôt. Partir à l’âge légal ne garantit pas le taux plein : il faut le nombre de trimestres requis, ou attendre 67 ans. La retraite de base (salariés du privé) se calcule sur les 25 meilleures années, à laquelle s’ajoute la complémentaire Agirc-Arrco. La méthode de calcul, elle, n’a pas changé.









