Chaque parent peut donner jusqu'à 100 000 € à chaque enfant sans droits de donation, renouvelable tous les 15 ans. Cet abattement se cumule avec le don familial de somme d'argent de 31 865 € (sous conditions). Jusqu'au 31 décembre 2026, une exonération supplémentaire de 100 000 € existe pour les dons d'argent destinés à l'achat d'un logement neuf en résidence principale ou à des travaux de rénovation énergétique. Les dons doivent généralement être déclarés, même sans droits à payer — et dans le mois pour les dons exonérés. Pour les biens immobiliers, les donations-partages ou les situations familiales sensibles, le recours au notaire est indispensable ou fortement recommandé.
Une donation permet de transmettre une partie de son patrimoine de son vivant : une somme d’argent, un bien immobilier, des parts de société, une voiture, des bijoux, un terrain…
Mais donner à ses enfants n’est pas toujours totalement libre, ni toujours gratuit fiscalement. Voici les règles à connaître pour transmettre au mieux, en profitant des abattements disponibles.
1. Combien un parent peut-il donner sans droits ?
Chaque parent peut donner jusqu’à 100 000 € à chaque enfant sans payer de droits de donation.
Concrètement :
- un père peut donner 100 000 € à son enfant ;
- une mère peut aussi lui donner 100 000 € ;
- un couple de parents peut donc transmettre 200 000 € à chaque enfant sans droits.
Exemple : des parents ont deux enfants. Chaque parent peut donner 100 000 € à chacun. Chaque enfant peut donc recevoir jusqu’à 200 000 € sans droits de donation.
2. Cet abattement se renouvelle-t-il ?
Oui, tous les 15 ans.
Un parent peut donner jusqu’à 100 000 € à un enfant, puis recommencer 15 ans plus tard.
Exemple : un parent donne 80 000 € à son enfant en 2026. Il lui reste alors 20 000 € d’abattement disponible pour une autre donation avant 2041. Au-delà de 15 ans, l’abattement se reconstitue entièrement.
3. Le don familial de somme d’argent : 31 865 € en plus
Il existe une exonération particulière pour les dons familiaux de sommes d’argent. Un parent peut donner jusqu’à 31 865 € à un enfant sans droits, en plus de l’abattement de 100 000 €, si les conditions sont réunies :
- le donateur doit avoir moins de 80 ans ;
- l’enfant bénéficiaire doit être majeur ou émancipé ;
- le don doit porter sur une somme d’argent (virement, chèque ou espèces) ;
- le don doit être déclaré dans le mois du versement.
Ce plafond de 31 865 € s’apprécie aussi sur 15 ans, par donateur et par bénéficiaire.
4. Peut-on cumuler 100 000 € et 31 865 € ?
Oui. Les deux dispositifs se cumulent. Un parent peut donc transmettre à un enfant :
- 100 000 € au titre de l’abattement parent/enfant ;
- 31 865 € au titre du don familial de somme d’argent ;
- soit jusqu’à 131 865 € sans droits, sous conditions.
Pour deux parents, cela représente jusqu’à 263 730 € par enfant sans droits de donation.
5. La nouvelle exonération 2025-2026 pour l’immobilier (jusqu’à 100 000 € de plus)
C’est un dispositif récent et temporaire, qu’il faut connaître car il expire bientôt. La loi de finances du 14 février 2025 a créé une exonération supplémentaire pour les dons d’argent destinés au logement.
Du 15 février 2025 au 31 décembre 2026, un donateur peut donner jusqu’à 100 000 € exonérés à un même bénéficiaire, dans la limite de 300 000 € par bénéficiaire (en cumulant les dons de plusieurs membres de la famille), à condition que les fonds soient utilisés dans les 6 mois pour :
- l’achat d’un logement neuf ou en l’état futur d’achèvement (VEFA) destiné à la résidence principale ;
- ou des travaux de rénovation énergétique de la résidence principale, éligibles à MaPrimeRénov’.
Conditions principales :
- les bénéficiaires possibles sont un enfant, petit-enfant ou arrière-petit-enfant (ou, à défaut de descendance, un neveu ou une nièce) ;
- le bénéficiaire doit conserver le logement pendant 5 ans à titre de résidence principale ;
- le don doit être déclaré dans le mois du versement.
Cette exonération se cumule avec l’abattement de 100 000 € et le don familial de 31 865 €. Elle constitue donc une opportunité importante, mais elle disparaîtra fin 2026.
6. Peut-on donner davantage que les abattements ?
Oui. Il est possible de donner plus que les montants exonérés, mais la partie qui dépasse l’abattement est soumise aux droits de donation, selon un barème progressif.
Exemple : un parent donne 150 000 € à son enfant (hors dispositif immobilier). L’abattement de 100 000 € s’applique ; la partie taxable est donc de 50 000 €, sur laquelle les droits seront calculés.
7. Faut-il déclarer une donation même sans droits à payer ?
Oui, dans la plupart des cas. Un don manuel ou un don familial de somme d’argent doit être déclaré, même lorsqu’aucun droit n’est dû grâce aux abattements.
Depuis le 1er janvier 2026, la déclaration des dons se fait en principe en ligne, depuis l’espace particulier sur impots.gouv.fr (sauf exceptions, où le formulaire papier n° 2735 reste possible).
Attention au délai : pour un don familial exonéré (le don de 31 865 € ou l’exonération immobilière 2025-2026), la déclaration doit impérativement être faite dans le mois du versement, sous peine de perdre le bénéfice de l’exonération.
La déclaration est essentielle car elle permet de dater officiellement le don, de faire courir le délai de 15 ans, de sécuriser la situation fiscale et d’éviter les difficultés lors de la succession.
8. Quelle différence entre don manuel et donation notariée ?
Le don manuel consiste à remettre directement un bien : argent, chèque, virement, bijoux, voiture, meubles… Il n’exige pas forcément de notaire, mais il doit être déclaré fiscalement dès qu’il dépasse le simple cadeau d’usage.
La donation notariée est réalisée par acte devant notaire. Elle est obligatoire notamment pour une donation immobilière, une donation-partage, ou certaines donations entre époux. Elle est aussi recommandée lorsque les montants sont importants ou la situation familiale sensible.
9. Qu’est-ce qu’une donation-partage ?
La donation-partage permet à des parents d’organiser de leur vivant la répartition de leurs biens entre leurs enfants. Elle est particulièrement utile lorsqu’il y a plusieurs enfants, car elle permet de répartir clairement les biens, d’éviter certaines contestations, et surtout de figer la valeur des biens au jour de la donation (sous conditions) — ce qui évite les litiges sur la réévaluation au moment de la succession.
Elle doit être faite devant notaire et s’avère souvent précieuse en présence d’un bien immobilier, d’une entreprise familiale ou d’enfants aux situations différentes.
10. Peut-on donner plus à un enfant qu’à un autre ?
Oui, mais avec prudence. Les parents peuvent vouloir aider davantage un enfant (achat immobilier, études, création d’entreprise, difficultés, handicap…). Mais au moment de la succession, les donations sont prises en compte pour vérifier l’équilibre entre héritiers et le respect de la réserve héréditaire (la part qui revient obligatoirement à chaque enfant).
Il faut donc préciser si la donation est faite :
- en avance sur héritage (elle sera prise en compte dans la part de l’enfant) ;
- ou hors part successorale, pour réellement l’avantager, dans la limite de la quotité disponible (la part dont on peut disposer librement).
Pour éviter les conflits, mieux vaut passer par un notaire dès que les montants sont importants ou que les enfants ne reçoivent pas la même chose.
11. Avance sur héritage ou hors part successorale ?
La donation en avance sur héritage est la situation par défaut : la donation est considérée comme une avance sur la part de l’enfant. Au décès, elle est « rapportée » fictivement à la succession pour recalculer la part de chacun. L’enfant ne rembourse pas l’argent, mais la donation est intégrée dans les calculs.
La donation hors part successorale permet d’avantager réellement un enfant par rapport aux autres. Mais elle ne peut pas porter atteinte à la réserve des autres enfants : elle est donc limitée par la quotité disponible. À manier avec prudence, car elle peut être source de conflits.
12. Peut-on donner à ses petits-enfants ?
Oui. Chaque grand-parent bénéficie d’un abattement de 31 865 € par petit-enfant, renouvelable tous les 15 ans.
À cela peut s’ajouter, sous conditions, le don familial de somme d’argent de 31 865 € (donateur de moins de 80 ans, petit-enfant majeur ou émancipé), ainsi que l’exonération immobilière 2025-2026 décrite plus haut.
Donner aux petits-enfants permet de transmettre directement à la génération suivante, mais il faut veiller à ne pas créer de déséquilibre entre les branches familiales.
13. Présent d’usage ou donation : quelle différence ?
Tous les cadeaux ne sont pas des donations à déclarer. Un présent d’usage est un cadeau fait à l’occasion d’un événement particulier (anniversaire, mariage, naissance, diplôme, Noël…). Il n’a pas à être déclaré tant qu’il reste raisonnable par rapport aux revenus et au patrimoine de celui qui l’offre.
Exemple : un cadeau de 300 € pour un anniversaire est un présent d’usage. Mais un virement de 30 000 € sans occasion particulière sera considéré comme un don à déclarer.
14. Les erreurs fréquentes
- croire que tout don familial est automatiquement exonéré ;
- oublier de déclarer le don (et, pour les dons exonérés, manquer le délai d’un mois) ;
- ne pas conserver de preuve du virement ;
- ne pas préciser s’il s’agit d’une avance sur héritage ;
- donner beaucoup à un enfant sans anticiper les conséquences successorales ;
- confondre présent d’usage et donation ;
- oublier le délai de 15 ans ;
- dépasser les abattements sans anticiper les droits ;
- faire une donation immobilière sans notaire ;
- ne pas informer correctement les enfants en cas de donation inégale.
15. Modèle de reconnaissance de don manuel
Ce document ne remplace pas la déclaration fiscale du don. Il permet seulement de conserver une preuve entre les parties.
Reconnaissance de don manuel
Je soussigné(e), [nom, prénom du parent], né(e) le [date], demeurant [adresse], déclare avoir donné à mon enfant [nom, prénom], né(e) le [date], la somme de [montant] €.
Ce don a été réalisé le [date] par [virement / chèque / remise d’espèces].
Il est effectué à titre de [don manuel / don familial de somme d’argent], sous réserve des règles fiscales applicables et de la déclaration auprès de l’administration fiscale.
Fait à [ville], le [date].
Signature du donateur : Signature du bénéficiaire :
16. Questions fréquentes
Combien peut-on donner à un enfant sans payer de droits ? Chaque parent peut donner jusqu’à 100 000 € à chaque enfant sans droits, tous les 15 ans.
Un couple peut-il donner 200 000 € à un enfant ? Oui. Chaque parent bénéficie de son propre abattement de 100 000 € par enfant.
Peut-on ajouter le don familial de 31 865 € ? Oui, sous conditions : donateur de moins de 80 ans, enfant majeur ou émancipé, déclaration dans le mois.
Existe-t-il une exonération spéciale en ce moment ? Oui. Jusqu’au 31 décembre 2026, un don d’argent jusqu’à 100 000 € (300 000 € maximum par bénéficiaire) est exonéré s’il sert, dans les 6 mois, à acheter un logement neuf en résidence principale ou à financer des travaux de rénovation énergétique.
Faut-il déclarer un don même sans impôt ? Oui, un don manuel ou un don familial doit généralement être déclaré, même si aucun droit n’est dû.
Le notaire est-il obligatoire ? Il l’est pour une donation immobilière, une donation-partage ou certaines donations entre époux. Pour un simple don d’argent, il ne l’est pas toujours.
Peut-on favoriser un enfant ? Oui, mais dans la limite de la quotité disponible : les autres enfants ont une réserve héréditaire à respecter.
À retenir
- Chaque parent peut donner 100 000 € par enfant sans droits ; un couple, 200 000 €.
- L’abattement se renouvelle tous les 15 ans.
- Le don familial de 31 865 € peut s’ajouter (donateur de moins de 80 ans, enfant majeur).
- Jusqu’au 31 décembre 2026, une exonération de 100 000 € existe pour l’achat d’un logement neuf ou la rénovation énergétique (à déclarer dans le mois, bien à conserver 5 ans).
- Les petits-enfants bénéficient d’un abattement de 31 865 € par grand-parent.
- Les dons doivent souvent être déclarés, même sans droits — et dans le mois pour les dons exonérés.
- Les présents d’usage raisonnables ne sont pas à déclarer.
- La donation immobilière et la donation-partage nécessitent un notaire.
- Donner inégalement entre enfants peut avoir des conséquences à la succession.