Arrêt maladie longue durée : durée d’indemnisation et fin de droits

L’indemnisation d’un arrêt maladie est plafonnée : 360 indemnités journalières sur une période glissante de trois ans en maladie ordinaire, trois ans pour une même affection de longue durée, et sans aucune limite lorsque l’arrêt résulte d’un accident du travail ou d’une maladie professionnelle, les indemnités étant alors versées jusqu’à guérison ou consolidation. Au-delà de six mois, les conditions d’ouverture des droits se durcissent et le médecin-conseil examine régulièrement la justification de l’arrêt. Le revenu diminue par paliers, à mesure que s’épuisent le complément employeur puis, le cas échéant, les garanties de prévoyance. Point essentiel : l’épuisement des indemnités ne met pas fin à l’arrêt, de sorte que le salarié peut se retrouver avec un contrat suspendu, sans salaire ni indemnité. Il faut donc préparer la suite bien avant la notification de fin de droits : reprise éventuellement en temps partiel thérapeutique, aménagement du poste, pension d’invalidité si la capacité de travail est réduite d’au moins deux tiers, ou relais de la prévoyance. L’invalidité, décidée par le médecin-conseil, ne doit pas être confondue avec l’inaptitude, que seul le médecin du travail peut constater, et elle ne rompt pas le contrat de travail.

Visite de reprise : quand est-elle obligatoire et ce qui a changé en 2026

La visite de reprise n’est pas systématique après un arrêt de travail. Elle est obligatoire après un arrêt d’au moins 60 jours pour maladie ou accident non professionnel, d’au moins 30 jours pour accident du travail, après toute maladie professionnelle quelle que soit la durée, et après un congé maternité. Son organisation incombe à l’employeur, qui doit saisir le service de prévention et de santé au travail dès qu’il connaît la date de fin de l’arrêt ; elle doit se tenir le jour de la reprise ou au plus tard dans les huit jours calendaires suivants, et elle est rémunérée comme du temps de travail effectif. Point essentiel : c’est cette visite qui met fin à la suspension du contrat de travail, de sorte que l’absence du salarié entre la fin de l’arrêt et la visite n’est pas fautive, et que l’employeur qui néglige de l’organiser engage sa responsabilité. Depuis le décret du 12 juin 2026, applicable aux arrêts délivrés à compter du 15 juin 2026, une dispense est possible lorsqu’une visite de préreprise a eu lieu dans les trente jours précédant la reprise et que le médecin du travail a conclu qu’aucun aménagement n’était nécessaire, chacune des parties conservant la faculté de demander malgré tout une visite de reprise. Le même décret prévoit que l’employeur est désormais informé de l’organisation d’une visite de préreprise, sauf opposition du salarié.

Mi-temps thérapeutique : salaire, durée maximale et refus de l’employeur

Le temps partiel pour motif thérapeutique permet de reprendre ou de maintenir une activité avec un temps de travail réduit lorsque cela favorise l’état de santé ou permet une réadaptation professionnelle. Il n’est pas nécessairement fixé à 50 % et n’exige plus d’arrêt complet préalable. Le salarié perçoit le salaire correspondant au temps travaillé, complété par des indemnités journalières qui ne peuvent porter son gain total au-delà de son salaire antérieur ; ces indemnités sont plafonnées à quatre ans à compter du premier jour d’indemnisation, arrêt maladie compris, sans limite en revanche après un accident du travail ou une maladie professionnelle. L’employeur doit organiser le dispositif et ne peut le refuser qu’avec un motif sérieux ; s’il s’oppose aux préconisations du médecin du travail, il doit les motiver par écrit auprès du salarié et du médecin. Le salarié conserve ses droits à congés payés au rythme d’un temps plein, ainsi que son ancienneté, et ses indemnités de rupture éventuelles se calculent sur son salaire antérieur au temps partiel.

Reprendre avant la fin de son arrêt maladie : conditions, démarches et pièges

Un salarié peut reprendre son travail avant la fin de son arrêt, à condition qu’un médecin l’y autorise — le médecin du travail ne pouvant pas modifier un arrêt en cours —, que l’employeur soit informé et organise le retour, et que la caisse soit prévenue dans les 24 heures pour interrompre le versement des indemnités journalières, sauf subrogation où cette formalité incombe à l’employeur. Une visite de reprise est obligatoire après 60 jours d’arrêt pour maladie non professionnelle, 30 jours pour accident du travail, toute maladie professionnelle et tout congé maternité ; elle est organisée par l’employeur dans les 8 jours suivant la reprise. Point essentiel : c’est cette visite qui met fin à la suspension du contrat de travail, et non le retour effectif du salarié. Tant qu’elle n’a pas eu lieu, le contrat reste suspendu, l’absence du salarié n’est pas fautive, et l’employeur qui néglige de l’organiser manque à son obligation de sécurité. Si la reprise à temps plein n’est pas envisageable, le temps partiel thérapeutique constitue la voie appropriée.

Temps de travail en alternance : heures sup, samedi, dimanche et jours fériés

Un alternant est un salarié soumis aux règles sur la durée du travail, avec une particularité déterminante : le temps consacré à la formation est compris dans l’horaire de travail, de sorte que l’employeur doit additionner les heures passées en centre et celles réalisées dans l’entreprise. Pour un alternant majeur, la durée légale reste de 35 heures hebdomadaires, avec des plafonds de 10 heures par jour, 48 heures par semaine et 44 heures en moyenne sur douze semaines ; les heures supplémentaires sont possibles et majorées d’au moins 25 %, sans que le régime particulier de rémunération de l’alternance puisse y faire obstacle. Le travail du samedi est libre, celui du dimanche suppose une dérogation, et les jours fériés autres que le 1er mai ne sont pas obligatoirement chômés — sans majoration automatique dans aucun de ces cas, le 1er mai travaillé donnant seul lieu à un doublement de la rémunération. Pour les alternants de moins de 18 ans, le régime est nettement plus strict : 8 heures par jour, 35 heures par semaine, 12 heures de repos quotidien, deux jours de repos consécutifs, interdiction du travail de nuit et, sauf secteurs limitativement énumérés, du dimanche et des jours fériés. En cas de litige sur les heures accomplies, le salarié n’a qu’à présenter des éléments suffisamment précis, l’employeur devant ensuite produire son propre décompte.

Chômage après une rupture d’alternance : y avez-vous droit, et combien ?

Un ancien alternant peut percevoir l’allocation d’aide au retour à l’emploi, à condition de franchir deux obstacles. Le premier tient à la nature de la rupture : la fin normale du contrat, la rupture décidée par l’employeur, la rupture d’un commun accord et la résiliation prononcée par le juge ouvrent des droits, tandis que la rupture à la seule initiative de l’apprenti après saisine du médiateur et la démission d’un contrat de professionnalisation à durée indéterminée constituent des départs volontaires. Le second tient à la durée travaillée : il faut 130 jours ou 910 heures sur les 24 derniers mois, les journées passées en centre de formation étant comptées. Le montant se calcule sur le salaire journalier de référence, en retenant la formule la plus favorable, mais dans la limite de 75 % de ce salaire — plafond qui prive de fait les anciens apprentis les moins payés de l’allocation minimale de 32,13 € par jour. La durée d’indemnisation correspond à environ 70 % des jours travaillés, et le premier versement intervient généralement un mois après la fin du contrat, une fois écoulés le différé congés payés et le délai d’attente de sept jours. La vérification la plus importante reste celle du motif inscrit sur l’attestation destinée à France Travail.

Arrêt maladie : pourquoi votre salaire a baissé et comment vérifier le calcul

Une baisse de salaire après un arrêt maladie s’explique le plus souvent par le fonctionnement normal du dispositif, et non par une erreur. L’employeur déduit d’abord les jours d’absence, puis les indemnités journalières compensent partiellement : elles ne démarrent qu’au 4e jour, représentent 50 % d’un salaire journalier de base plafonné, et supportent 6,70 % de CSG et CRDS. Le complément employeur, lorsqu’il est dû, ne commence qu’au 8e jour et permet d’atteindre 90 % du brut, sous condition d’un an d’ancienneté et dans la limite d’une durée qui se décompte sur douze mois glissants. À cela s’ajoutent les décalages de traitement : indemnités versées après la paie, régularisation le mois suivant, prévoyance différée. Pour comprendre son bulletin, il faut vérifier la période traitée, contrôler la proportionnalité de la retenue pour absence, repérer les lignes d’indemnités et de complément, chercher une régularisation, puis comparer avec ses relevés bancaires. En cas d’anomalie réelle, il faut demander un détail écrit du calcul, le délai pour réclamer un rappel de salaire étant de trois ans.

Accident du travail ou arrêt maladie : toutes les différences pour vos droits

Un arrêt maladie ordinaire et un accident du travail n’entraînent pas les mêmes droits. L’accident du travail suppose un événement soudain survenu par le fait ou à l’occasion du travail, et bénéficie d’une présomption d’imputabilité qui dispense le salarié de prouver le lien avec son activité. Le salarié doit informer son employeur dans les 24 heures, celui-ci déclarant l’accident à la caisse dans les 48 heures ; à défaut, le salarié peut déclarer lui-même pendant deux ans. Les différences d’indemnisation sont substantielles : aucune carence contre trois jours, indemnités à 60 puis 80 % contre 50 %, soins pris en charge à 100 % sans avance, complément employeur sans carence, et 2,5 jours de congés payés acquis par mois contre 2. La protection contre le licenciement est renforcée pendant toute la suspension du contrat, le préavis est suspendu, et l’inaptitude d’origine professionnelle ouvre droit à une indemnité doublée. En cas de séquelles, un taux d’incapacité permanente ouvre droit à un capital ou à une rente, et la reconnaissance d’une faute inexcusable de l’employeur permet une réparation complémentaire.

Alternance : l’employeur peut-il vous faire manquer vos cours ?

En alternance, les journées de formation ne sont pas du temps libre dont l’entreprise pourrait disposer : le code du travail prévoit expressément que le temps consacré par l’apprenti à la formation est compris dans son horaire de travail, et il en va de même du temps de formation en contrat de professionnalisation. L’employeur doit donc respecter l’emploi du temps du centre et permettre à l’alternant de suivre l’intégralité des cours obligatoires, sans pouvoir invoquer une urgence, l’absence d’un collègue ou l’inutilité supposée d’une matière. Les heures de cours ne peuvent pas davantage être rattrapées dans l’entreprise, puisqu’elles sont déjà comptabilisées. Le manquement n’est pas symbolique : priver un apprenti de sa formation théorique constitue un manquement à l’obligation de formation, que les juges sanctionnent par la requalification du contrat en contrat à durée indéterminée de droit commun, et qui peut justifier une résiliation judiciaire aux torts de l’employeur. La règle joue toutefois dans les deux sens, l’alternant étant lui aussi tenu de suivre sa formation. En cas de demande insistante, la bonne démarche consiste à répondre par écrit, à conserver la trace de la demande et à saisir rapidement le centre, puis le médiateur de l’apprentissage.

Changer d’entreprise en cours d’alternance : la procédure et le bon ordre

Un alternant peut changer d’entreprise en cours de formation, mais l’opération suppose de rompre le premier contrat avant d’en conclure un second. En apprentissage, la rupture est libre et sans motif pendant les 45 premiers jours de formation pratique en entreprise, décomptés en jours de présence effective et suspendus par un arrêt maladie. Au-delà, deux voies coexistent : la rupture d’un commun accord, à privilégier car elle est assimilée à une perte involontaire d’emploi et préserve les droits au chômage, et la rupture à la seule initiative de l’apprenti, qui suppose la saisine préalable du médiateur puis le respect de délais de cinq et sept jours calendaires. En contrat de professionnalisation, la démission est possible en contrat à durée indéterminée, mais un contrat à durée déterminée ne peut être rompu que par accord de l’employeur ou dans les cas légaux, l’obtention d’une autre alternance n’en faisant pas partie. L’ordre des opérations est déterminant : trouver l’entreprise, valider avec le centre, sécuriser par écrit, puis seulement rompre. À défaut, le maintien en formation pendant six mois protège le cursus mais pas la rémunération.

Alternance rompue : votre titre de séjour est-il menacé ?

La rupture d’un contrat d’apprentissage ou de professionnalisation n’entraîne pas l’annulation du titre de séjour d’un alternant étranger : la fin du contrat de travail et le droit au séjour sont deux questions distinctes, et l’employeur n’a aucun pouvoir en la matière. Pour un titulaire de carte « étudiant », l’essentiel est de continuer réellement sa formation et de justifier de ressources suffisantes, ce second point étant devenu plus exigeant puisque le seuil est passé de 615 € à 877,50 € par mois pour les demandes déposées depuis le 1er août 2026. En apprentissage, le centre de formation doit permettre de poursuivre la formation théorique pendant six mois après la rupture et accompagner la recherche d’un nouvel employeur — une attestation écrite de ce maintien constitue la pièce maîtresse du dossier. Pour les titres liés à une activité professionnelle, la distinction entre rupture subie et rupture volontaire devient en revanche déterminante, la privation involontaire d’emploi ouvrant une protection spécifique. Le moment réellement sensible n’est pas la rupture mais le renouvellement, à déposer sur l’ANEF entre quatre et deux mois avant l’expiration, en documentant la continuité du parcours.

Alternance : des tâches sans rapport avec votre formation ? Ce que risque l’employeur

Un employeur qui accueille un alternant contracte une véritable obligation de formation : en apprentissage, il doit assurer la formation pratique et confier des tâches conformes à une progression définie avec le centre ; en contrat de professionnalisation, il doit fournir un emploi en relation avec l’objectif de qualification. Des missions annexes ponctuelles restent normales, mais l’affectation durable à des tâches subalternes étrangères à l’objet du contrat constitue un manquement, que les juges sanctionnent par la requalification du contrat d’apprentissage en contrat à durée indéterminée de droit commun. Le non-respect du rythme d’alternance, lorsque l’employeur retient l’alternant les jours de cours, produit le même effet. Face à cette situation, l’alternant a intérêt à documenter précisément ses missions pendant plusieurs semaines, à en parler à son tuteur, à confirmer par écrit, puis à saisir son centre de formation, qui doit assurer la cohérence entre les deux lieux de formation. En cas d’échec, le médiateur de l’apprentissage, l’inspection du travail — qui peut faire suspendre le contrat avec maintien de la rémunération lorsque la santé de l’apprenti est menacée — et le conseil de prud’hommes constituent les recours suivants. Enfin, si le départ s’impose, la voie choisie détermine les droits au chômage : la rupture d’un commun accord et la résiliation judiciaire aux torts de l’employeur les préservent, la rupture à la seule initiative de l’alternant non.

Salaire en alternance 2026 : les montants réels, en brut et en net

La rémunération d’un alternant est un pourcentage du SMIC, fixé à 1 867,02 € brut mensuels. En apprentissage, ce pourcentage dépend de l’âge et de l’année d’exécution du contrat, allant de 27 % pour un mineur en première année à 100 % dès 26 ans. En contrat de professionnalisation, il dépend de l’âge et du diplôme déjà détenu, de 55 à 80 % du SMIC avant 26 ans, puis du SMIC entier. Ces grilles sont des minima que la convention collective de branche relève fréquemment. La comparaison entre les deux contrats doit se faire en net et non en brut : le salaire de l’apprenti est exonéré de cotisations salariales et de CSG-CRDS sous 50 % du SMIC, et exonéré d’impôt sur le revenu jusqu’au SMIC annuel, ce qui compense largement un brut plus faible. La rémunération progresse au premier jour du mois suivant chaque anniversaire et à chaque date anniversaire du contrat, hausses fréquemment omises par les services de paie. S’ajoutent au salaire les avantages de droit commun — transport, titres-restaurant, primes conventionnelles, congés payés — mais aucune prime de précarité. Enfin, plusieurs aides complètent utilement ces revenus, la prime d’activité au premier chef, tandis que l’aide au permis de conduire de 500 € a été supprimée en février 2026.

Apprentissage ou contrat de professionnalisation : le comparatif 2026

Le contrat d’apprentissage et le contrat de professionnalisation sont deux contrats de travail en alternance, mais ils ne poursuivent pas le même objectif. Le premier prépare un diplôme ou un titre professionnel et s’adresse principalement aux 16 à 29 ans révolus, avec plusieurs exceptions dont l’absence de limite d’âge pour les travailleurs handicapés. Le second vise une qualification et l’insertion professionnelle, et s’ouvre aux demandeurs d’emploi de 26 ans et plus ainsi qu’aux bénéficiaires de certains minima sociaux. Les rémunérations obéissent à deux barèmes distincts, le contrat de professionnalisation étant souvent plus favorable en brut pour les plus jeunes, tandis que l’apprentissage reprend l’avantage en net grâce à l’exonération d’impôt dans la limite du SMIC annuel et à l’exonération de cotisations salariales sous 50 % du SMIC. Les régimes de rupture diffèrent également, l’apprentissage disposant de règles propres organisées autour des 45 premiers jours de formation pratique. Enfin, les aides à l’employeur ne concernent plus que l’apprentissage et décroissent fortement avec le niveau du diplôme préparé, ce qui explique la rareté relative des offres en licence et en master.

Mon employeur peut-il mettre fin à mon alternance ? Les 4 seuls motifs

Un employeur peut mettre fin à un contrat en alternance, mais dans des conditions bien plus strictes que pour un contrat ordinaire. Pendant les 45 premiers jours de formation pratique en entreprise — décomptés en jours de présence effective et suspendus pendant un arrêt maladie —, la rupture est libre et sans motif. Passé ce délai, un contrat d’apprentissage ne peut être rompu que pour faute grave, inaptitude constatée par le médecin du travail, force majeure ou exclusion définitive du centre de formation, auxquels s’ajoutent le décès de l’employeur maître d’apprentissage en entreprise unipersonnelle et la liquidation judiciaire. La rupture prend alors la forme d’un licenciement et en suit la procédure, l’employeur n’ayant plus à saisir le conseil de prud’hommes depuis 2019, mais n’étant pas davantage tenu à une obligation de reclassement en cas d’inaptitude. Le motif économique, l’échec à un examen et l’insuffisance professionnelle ne permettent jamais de rompre. En cas de rupture irrégulière, l’indemnisation peut correspondre aux rémunérations restant dues jusqu’au terme du contrat, ce qui en fait un contentieux à fort enjeu. Enfin, l’alternant dont le contrat est rompu conserve six mois de formation en centre et ouvre droit à l’allocation chômage, la rupture étant involontaire.

Pas d’entreprise pour votre alternance : vos droits et vos recours réels

Ne pas trouver d’alternance n’ouvre en soi aucun droit : une entreprise reste libre de recruter. Les recours existent ailleurs. En apprentissage, une personne de 16 à 29 ans révolus peut commencer son cycle de formation sans employeur pendant trois mois, sous statut de stagiaire de la formation professionnelle, le CFA étant alors tenu de l’assister dans sa recherche et les coûts pouvant être pris en charge par l’opérateur de compétences. Cette obligation d’accompagnement est réelle et exigible, même si le centre ne garantit aucun contrat : un plan d’accompagnement écrit permet à la fois d’obtenir de l’aide et de constituer la preuve d’un éventuel manquement. Contre une entreprise, deux situations ouvrent un recours : le refus discriminatoire, pour lequel il suffit de présenter des éléments laissant supposer la discrimination, la charge de la justification revenant à l’employeur, et le non-respect d’une promesse ferme d’embauche, assimilé à un licenciement injustifié. Enfin, aucune contrepartie financière ne peut être demandée à l’apprenti au titre de la conclusion, du dépôt ou de la rupture de son contrat, et un apprenti dont le contrat a été rompu bénéficie de six mois de poursuite de formation en CFA.

Echec aux examens en alternance : votre contrat, votre salaire et vos options

L’échec aux examens ne rompt pas un contrat en alternance : celui-ci se poursuit jusqu’à son terme, avec maintien du salaire. En apprentissage, l’échec au diplôme ou au titre ouvre la possibilité d’une prolongation d’un an au plus, destinée à permettre un redoublement ou une réorientation, sous réserve de l’accord de l’apprenti, de l’employeur et du CFA — cette prolongation pouvant aussi prendre la forme d’un nouveau contrat conclu avec un autre employeur. La rémunération minimale pendant cette période reste celle de la dernière année précédant la prolongation. En contrat de professionnalisation à durée déterminée, un renouvellement unique est possible lorsque la qualification n’a pas été obtenue à cause d’un échec aux épreuves. Le point déterminant est le calendrier : l’avenant doit être signé avant le terme du contrat, alors même que les résultats tombent souvent quelques semaines seulement auparavant. Avant toute démarche, il faut vérifier l’existence d’une session de rattrapage et la liste des blocs déjà validés, généralement conservés. Enfin, l’échec ne prive d’aucun droit : ni salaire, ni documents de fin de contrat, ni allocation chômage si le contrat s’achève normalement.

Quitter son alternance : la procédure selon votre contrat, et l’erreur à ne pas commettre

Un alternant peut quitter son emploi, mais la procédure dépend étroitement de son contrat. En apprentissage, la rupture est libre et sans motif, par écrit, pendant les 45 premiers jours de formation pratique en entreprise, décomptés en jours de présence effective et non en jours calendaires. Au-delà, deux voies coexistent : la rupture d’un commun accord avec l’employeur, ou la rupture à la seule initiative de l’apprenti, qui suppose la saisine préalable du médiateur de l’apprentissage puis le respect de délais de cinq et sept jours calendaires. Ces deux voies n’ont pas les mêmes conséquences : seule la rupture d’un commun accord est assimilée à une perte involontaire d’emploi et ouvre droit à l’allocation chômage, sous réserve d’avoir travaillé six mois au cours des vingt-quatre derniers mois. En contrat de professionnalisation, il faut distinguer le contrat à durée indéterminée, que l’on quitte par démission avec préavis, du contrat à durée déterminée, dont la rupture anticipée est limitée à cinq hypothèses. Dans tous les cas, il faut prévenir le CFA, formaliser la rupture par écrit, et vérifier que l’attestation destinée à France Travail est cohérente avec le motif retenu.

Abandon de poste dans la fonction publique : ce que vous risquez vraiment

L’abandon de poste dans la fonction publique suppose une absence injustifiée et prolongée, doublée d’une absence de réponse à une mise en demeure de reprendre le service. Ce régime, d’origine jurisprudentielle, permet à l’administration de prononcer une radiation des cadres sans procédure disciplinaire, ce qui prive l’agent des garanties habituelles : ni conseil de discipline, ni communication préalable du dossier. Les conséquences sont lourdes : retenue pour absence de service fait, perte de la qualité de fonctionnaire et, surtout, absence de toute allocation chômage. La mise en demeure reste néanmoins strictement encadrée : elle doit être écrite, régulièrement notifiée, fixer un délai approprié et mentionner expressément le risque encouru. Un arrêt maladie valablement transmis fait obstacle à la qualification, et un contractuel qui refuse une modification substantielle de son contrat doit relever d’une procédure de licenciement, non d’une radiation. Le seul réflexe efficace consiste à répondre par écrit et sans délai à toute mise en demeure ; en cas de radiation, le recours devant le tribunal administratif doit être formé dans les deux mois, le référé-suspension étant souvent pertinent.

Rupture conventionnelle fonction publique : qui y a droit et combien depuis août 2026 ?

La rupture conventionnelle dans la fonction publique, expérimentale depuis 2020 puis privée de base légale au 1er janvier 2026, a été pérennisée par la loi de finances pour 2026 et s’applique de nouveau depuis le 21 février 2026. Elle est ouverte aux fonctionnaires titulaires des trois versants et aux agents contractuels en contrat à durée indéterminée, à l’exclusion des stagiaires, des contractuels en contrat à durée déterminée ou en période d’essai, des agents détachés comme contractuels et de ceux qui remplissent déjà les conditions d’une retraite à taux plein. Elle suppose un accord : l’administration peut refuser sans motiver, mais un entretien doit se tenir avant tout refus. Depuis le 8 août 2026 et l’entrée en vigueur des décrets du 6 août, les montants ont été divisés par deux, le plafond passant d’un douzième à un vingt-quatrième de la rémunération brute annuelle par année d’ancienneté, dans la limite de 24 ans. La rémunération de référence est celle de l’année civile précédente, ce qui peut réduire l’indemnité à zéro après une disponibilité. La rupture entraîne la radiation des cadres, ouvre droit au chômage sous conditions, et oblige à rembourser l’indemnité en cas de retour dans le même versant sous six ans.

Fonctionnaire en arrêt maladie : combien allez-vous vraiment toucher ?

La rémunération d’un agent public en arrêt maladie dépend de son statut, du type de congé et de ses arrêts antérieurs. Depuis le 1er mars 2025, le congé de maladie ordinaire d’un fonctionnaire est rémunéré à 90 % du traitement indiciaire pendant trois mois, puis à 50 % pendant neuf mois, après application d’un jour de carence. Le décompte s’effectue sur les 365 jours glissants précédents, ce qui accélère souvent le passage à demi-traitement. Les pourcentages ne portent que sur le traitement indiciaire : l’indemnité de résidence et le supplément familial sont maintenus intégralement, tandis que les primes suivent des règles variables, fixées par délibération dans la territoriale. Pour les arrêts longs, le congé de longue maladie, le congé de longue durée et surtout le CITIS, qui maintient l’intégralité du traitement sans limite de durée, restent hors du champ de la réforme — un placement rétroactif ouvre d’ailleurs droit à un rappel de 10 %. Les contractuels relèvent d’un régime distinct et bien plus court, d’un à trois mois de maintien selon l’ancienneté, dont les indemnités journalières sont déduites.

Mon employeur peut-il supprimer mes pauses ?

Un employeur ne peut pas supprimer la pause légale : vingt minutes consécutives sont dues dès que le temps de travail quotidien atteint six heures, et trente minutes au-delà de quatre heures trente pour un salarié mineur. Il peut en revanche organiser les pauses, en déplacer l’horaire, prévoir des roulements et encadrer les pauses informelles comme la cigarette ou le café. La pause n’est pas rémunérée par principe, mais elle le devient dès que le salarié reste à la disposition de l’employeur sans pouvoir vaquer librement à ses occupations : c’est le cas de la pause fictive, déduite de la paie alors que le salarié ne quitte pas son poste, situation qui ouvre droit à un rappel de salaire sur trois ans. Une pause payée par accord collectif ou par contrat ne peut être supprimée unilatéralement, et une pause devenue un usage d’entreprise suppose une dénonciation régulière. En cas de litige, c’est à l’employeur de prouver que les pauses ont été effectivement respectées.

Fonctionnaire : peut-on être licencié, et dans quels cas ?

Un agent public peut perdre son emploi, mais selon des règles qui n’ont rien de commun avec le secteur privé, et qui dépendent d’abord de son statut. Le fonctionnaire titulaire ne peut être licencié que pour abandon de poste, insuffisance professionnelle, inaptitude physique définitive ou refus répétés de postes ; la faute, elle, relève d’une procédure disciplinaire dont la sanction ultime est la révocation. L’abandon de poste est le motif le plus redoutable : il permet une radiation sans procédure disciplinaire et prive du droit au chômage, d’où l’importance de toujours répondre par écrit à une mise en demeure. En cas d’inaptitude, l’administration doit d’abord examiner l’adaptation du poste et le reclassement, le fonctionnaire pouvant demander une période de préparation au reclassement rémunérée d’un an. Le stagiaire, en période probatoire, est plus exposé ; le contractuel peut être licencié pour davantage de motifs mais bénéficie d’un préavis et, sauf faute, d’une indemnité. Enfin, la rupture conventionnelle, restée sans base légale début 2026, a été pérennisée par la loi de finances pour 2026 et est de nouveau ouverte aux titulaires depuis le 21 février 2026. Dans tous les cas, il faut réclamer le motif écrit, consulter son dossier et agir dans le délai de deux mois.

Contrôle pendant un arrêt maladie : vos obligations et ce que vous risquez

Un salarié en arrêt maladie peut être contrôlé par sa caisse d’assurance maladie et par un médecin mandaté par son employeur, jamais par l’employeur lui-même. Depuis le décret du 5 juillet 2024, il doit communiquer à son employeur son lieu de repos s’il diffère de son domicile et, en cas de sorties libres, les horaires auxquels une contre-visite peut avoir lieu. Il doit également transmettre son arrêt sous 48 heures, respecter les créneaux de présence de 9 h à 11 h et de 14 h à 16 h lorsque les sorties sont encadrées, et s’abstenir de toute activité non autorisée, y compris bénévole. En cas de manquement, il risque la suspension du complément employeur puis des indemnités journalières, le remboursement des sommes perçues et, en cas de faute distincte de l’état de santé, une sanction pouvant aller jusqu’au licenciement. Le médecin contrôleur transmet son rapport au service du contrôle médical sous 48 heures, et l’employeur doit communiquer ses conclusions au salarié sans délai. Enfin, un salarié qui refuse de reprendre le travail malgré un avis de contre-visite défavorable ne commet pas de faute disciplinaire.

Licenciement pendant un arrêt maladie : quand est-ce légal et comment contester ?

Un licenciement peut être notifié pendant un arrêt maladie, mais il ne peut jamais reposer sur l’état de santé, qui est un critère de discrimination interdit. L’employeur doit invoquer un motif distinct : faute, motif économique, inaptitude constatée par le médecin du travail, ou absence prolongée désorganisant l’entreprise et imposant un remplacement définitif en contrat à durée indéterminée. En accident du travail ou maladie professionnelle, la protection est renforcée : seules une faute grave ou l’impossibilité de maintenir le contrat pour un motif étranger permettent la rupture, à défaut de quoi elle est nulle. Le salarié doit vérifier en priorité sa convention collective, qui prévoit fréquemment une garantie d’emploi. Sur le plan procédural, deux règles sont déterminantes : la charge de la preuve est aménagée en matière de discrimination, et l’action fondée sur une discrimination liée à l’état de santé se prescrit par cinq ans, et non par les douze mois du droit commun. En cas de nullité, le salarié peut obtenir sa réintégration ou une indemnité au moins égale à six mois de salaire, non plafonnée par le barème.