La rémunération d'un alternant est un pourcentage du SMIC, fixé à 1 867,02 € brut mensuels. En apprentissage, ce pourcentage dépend de l'âge et de l'année d'exécution du contrat, allant de 27 % pour un mineur en première année à 100 % dès 26 ans. En contrat de professionnalisation, il dépend de l'âge et du diplôme déjà détenu, de 55 à 80 % du SMIC avant 26 ans, puis du SMIC entier. Ces grilles sont des minima que la convention collective de branche relève fréquemment. La comparaison entre les deux contrats doit se faire en net et non en brut : le salaire de l'apprenti est exonéré de cotisations salariales et de CSG-CRDS sous 50 % du SMIC, et exonéré d'impôt sur le revenu jusqu'au SMIC annuel, ce qui compense largement un brut plus faible. La rémunération progresse au premier jour du mois suivant chaque anniversaire et à chaque date anniversaire du contrat, hausses fréquemment omises par les services de paie. S'ajoutent au salaire les avantages de droit commun — transport, titres-restaurant, primes conventionnelles, congés payés — mais aucune prime de précarité. Enfin, plusieurs aides complètent utilement ces revenus, la prime d'activité au premier chef, tandis que l'aide au permis de conduire de 500 € a été supprimée en février 2026.
Alternant : combien vais-je être payé ?
L’essentiel en 30 secondes
Votre salaire est un pourcentage du SMIC, soit 1 867,02 € brut par mois. Ce pourcentage dépend de votre contrat, de votre âge et de votre situation.
| Situation | Brut mensuel minimum |
|---|---|
| Apprenti, 18-20 ans, 1re année | 802,82 € |
| Apprenti, 21-25 ans, 2e année | 1 138,88 € |
| Apprenti, 26 ans et plus | 1 867,02 € |
| Contrat pro, moins de 21 ans | 1 026,86 € (1 213,56 € avec un bac pro) |
| Contrat pro, 21-25 ans | 1 306,91 € (1 493,62 € avec un bac pro) |
[NE COMPAREZ JAMAIS LES BRUTS] Un apprenti de 18 ans à 802,82 € brut touche 802,82 € net, intégralement exonéré. Un alternant de 20 ans en contrat de professionnalisation à 1 026,86 € brut touche environ 800 € net.
Un écart de 224 € en brut, quasiment nul en net. Et l’apprenti, lui, ne paiera pas d’impôt sur ce salaire.
1. Apprentissage : les montants exacts
La rémunération dépend de votre âge et de votre année d’exécution du contrat — pas de votre année scolaire.
| Année | 16-17 ans | 18-20 ans | 21-25 ans | 26 ans et plus |
|---|---|---|---|---|
| 1re | 27 % — 504,10 € | 43 % — 802,82 € | 53 % — 989,52 € | 100 % — 1 867,02 € |
| 2e | 39 % — 728,14 € | 51 % — 952,18 € | 61 % — 1 138,88 € | 100 % — 1 867,02 € |
| 3e | 55 % — 1 026,86 € | 67 % — 1 250,90 € | 78 % — 1 456,28 € | 100 % — 1 867,02 € |
À partir de 21 ans, c’est le SMIC ou le minimum conventionnel de votre branche s’il est plus favorable. À partir de 26 ans, c’est le SMIC entier dès la première année.
2. Contrat de professionnalisation : les montants exacts
Ici, ce n’est pas l’année de contrat qui compte, mais le diplôme que vous détenez déjà.
| Âge | Sans bac pro ou équivalent | Avec bac pro ou équivalent |
|---|---|---|
| Moins de 21 ans | 55 % — 1 026,86 € | 65 % — 1 213,56 € |
| 21 à 25 ans | 70 % — 1 306,91 € | 80 % — 1 493,62 € |
| 26 ans et plus | SMIC — 1 867,02 €, ou 85 % du minimum conventionnel si plus favorable | Idem |
3. Du brut au net : où l’apprentissage prend l’avantage
C’est le point que la plupart des comparatifs manquent.
En apprentissage, depuis le 1er mars 2025, le salaire est exonéré de cotisations salariales et de CSG-CRDS dans la limite de 50 % du SMIC, soit 933,51 €.
- En dessous de ce seuil, votre net égale votre brut. Un apprenti de 18 ans en première année perçoit exactement 802,82 €.
- Au-dessus, seule la fraction excédentaire supporte les prélèvements. Un apprenti à 1 456,28 € brut conserve environ 1 344 € net ; à 1 867,02 €, environ 1 667 €.
En contrat de professionnalisation, les cotisations s’appliquent normalement : comptez environ 78 % du brut. Soit près de 801 € pour 1 026,86 €, ou 1 165 € pour 1 493,62 €.
Traduction concrète. Sur trois ans de BTS puis licence, un apprenti perçoit un brut plus faible mais un net très proche, sans impôt à la clé. Sur un contrat court d’un an chez un jeune de moins de 21 ans, le contrat de professionnalisation reste plus généreux.
4. Quand votre salaire augmente
Deux événements le font progresser, et ils sont souvent oubliés par les services de paie.
Votre anniversaire. Le passage à une tranche d’âge supérieure prend effet le premier jour du mois suivant votre anniversaire. Un apprenti qui a 18 ans le 12 mars passe de 27 à 43 % au 1er avril — soit près de 300 € de plus par mois. Vérifiez votre bulletin le mois suivant : cette hausse est fréquemment omise.
Le changement d’année de contrat. Il s’apprécie en années d’exécution du contrat, à date anniversaire de sa signature, et non à la rentrée scolaire. Un contrat signé le 1er septembre 2025 passe en deuxième année le 1er septembre 2026.
Deux règles de maintien à connaître :
- si vous prolongez votre apprentissage après un échec à l’examen, votre rémunération reste celle de la dernière année précédant la prolongation, sans repartir au taux de première année ;
- si vous enchaînez sur un nouveau contrat préparant un diplôme de niveau supérieur, votre rémunération doit être au moins égale à celle de la dernière année du contrat précédent.
5. Ce qui peut faire mieux que le minimum
Les grilles ci-dessus sont des planchers. Trois choses peuvent les relever.
La convention collective. De nombreuses branches — métallurgie, banque, bâtiment, pharmacie — prévoient des minima nettement supérieurs. Son intitulé figure sur votre bulletin de paie : consultez l’article consacré aux apprentis. C’est le premier réflexe, et le plus rentable.
L’accord d’entreprise, qui peut aller au-delà de la branche.
La négociation. Rien n’interdit à un employeur de payer davantage, et c’est fréquent dans les secteurs en tension ou pour les niveaux master.
6. Ce qui s’ajoute à votre salaire
Vous êtes salarié : vous avez droit aux mêmes avantages que vos collègues, dès lors que vous en remplissez les conditions.
- 50 % de votre abonnement de transport en commun, obligatoirement pris en charge ;
- les titres-restaurant, s’il en existe dans l’entreprise ;
- la mutuelle d’entreprise obligatoire ;
- les primes prévues par la convention collective ou l’accord d’entreprise, y compris un treizième mois ;
- l’intéressement et la participation, sous conditions d’ancienneté ;
- cinq semaines de congés payés, en plus des périodes en centre de formation ;
- les heures supplémentaires, majorées, si vous êtes majeur.
Un point d’attention pour les mineurs : la durée de travail est plafonnée à 8 heures par jour et 35 heures par semaine, et le travail de nuit est en principe interdit. Toute heure au-delà appelle une vérification.
7. Ce qui ne s’ajoute pas
Aucune prime de précarité au terme du contrat, ni en apprentissage ni en contrat de professionnalisation. C’est une différence avec un contrat à durée déterminée ordinaire.
[UNE CONFUSION TRÈS RÉPANDUE] Les aides de 5 000 à 6 000 € dont vous entendrez parler — issues du décret du 6 mars 2026 — sont versées à l’employeur, pas à vous. Ce ne sont ni un salaire, ni une prime, ni une somme que vous pourriez réclamer.
8. Les aides qui complètent réellement vos revenus
Elles pèsent souvent plus lourd que quelques dizaines d’euros de salaire.
La prime d’activité, versée par la caisse d’allocations familiales, est la principale. Elle est ouverte dès 18 ans et se demande en ligne, avec une déclaration trimestrielle de ressources. Beaucoup d’alternants y ont droit sans le savoir : faites la simulation.
Les aides au logement — APL, ALS ou ALF — vous sont ouvertes comme à tout locataire, puisque vous êtes salarié.
Mobili-Jeune, d’Action Logement, prend en charge une partie du loyer, de 10 à 100 € par mois, pour les alternants de moins de 30 ans éloignés du domicile familial. Elle se cumule avec les aides au logement. Déposez le dossier tôt : les délais sont contraints.
Visale vous sert de garant gratuit, et Loca-Pass avance le dépôt de garantie. Deux dispositifs décisifs quand aucun proche ne peut se porter caution.
La carte d’étudiant des métiers, remise par le centre de formation, ouvre les réductions habituelles des étudiants.
[UNE AIDE QUI N’EXISTE PLUS] L’aide forfaitaire de 500 € au permis de conduire pour les apprentis a été supprimée le 21 février 2026 par la loi de finances pour 2026. De nombreux sites, y compris récents, l’annoncent encore : ne construisez pas votre budget dessus.
Restent le permis à un euro par jour, votre compte personnel de formation, les dispositifs de votre région ou de votre mission locale, et parfois le fonds social de votre opérateur de compétences.
Vérifiez enfin les aides de votre région et de votre centre de formation : équipement, restauration, hébergement, transport. Les montants varient fortement d’un territoire à l’autre.
9. Et les impôts ?
En apprentissage, votre salaire est exonéré d’impôt sur le revenu dans la limite du SMIC annuel — 21 622 € pour les revenus 2025. Seule la fraction supérieure est à déclarer. En pratique, la quasi-totalité des apprentis ne déclarent rien au titre de leur salaire.
En contrat de professionnalisation, aucune exonération : le salaire est imposable en totalité.
Si vous êtes rattaché au foyer fiscal de vos parents, la part exonérée n’entre pas dans leur revenu imposable. La prime d’activité, les aides au logement et Mobili-Jeune ne sont pas imposables non plus.
Questions fréquentes
Combien touche un apprenti de 18 ans ? En première année, 43 % du SMIC, soit 802,82 € brut — et autant en net, l’exonération jouant en totalité sous 933,51 €.
Et à 26 ans ? Le SMIC entier dès la première année, soit 1 867,02 € brut, environ 1 667 € net.
Le contrat de professionnalisation paie-t-il mieux ? En brut, souvent oui pour les moins de 21 ans. En net, l’écart se referme presque entièrement, et l’apprenti ne paie pas d’impôt.
Quand mon salaire augmente-t-il ? Le premier jour du mois suivant votre anniversaire, et à chaque date anniversaire de votre contrat. Vérifiez votre bulletin : ces hausses sont souvent oubliées.
Puis-je être payé plus que le minimum ? Oui. Votre convention collective prévoit souvent mieux, et rien n’interdit à l’employeur d’aller au-delà.
Ai-je droit aux titres-restaurant et au transport ? Oui, comme les autres salariés. La prise en charge de 50 % de l’abonnement de transport est obligatoire.
Ai-je une prime de précarité à la fin ? Non, dans aucun des deux contrats.
Les 5 000 € d’aide, c’est pour moi ? Non, ils sont versés à votre employeur.
Puis-je toucher la prime d’activité ? Oui, dès 18 ans, sous conditions de ressources. Faites la simulation sur le site de la caisse d’allocations familiales.
Et l’aide de 500 € pour le permis ? Elle est supprimée depuis le 21 février 2026. Tournez-vous vers le permis à un euro par jour, votre région ou votre compte personnel de formation.
Mon salaire est-il imposable ? En apprentissage, il est exonéré jusqu’à 21 622 €. En contrat de professionnalisation, il est imposable en totalité.
À retenir
- SMIC de référence : 1 867,02 € brut par mois.
- Apprenti de 18 ans en première année : 802,82 € brut, autant en net.
- Apprenti de 26 ans et plus : le SMIC entier dès la première année.
- Contrat pro avant 21 ans : 1 026,86 €, ou 1 213,56 € avec un bac professionnel.
- Comparez toujours les nets : l’apprenti est exonéré sous 933,51 €.
- Salaire d’apprenti exonéré d’impôt jusqu’à 21 622 €.
- Augmentation le premier jour du mois suivant votre anniversaire.
- Changement d’année à la date anniversaire du contrat, pas à la rentrée.
- Prolongation après échec : maintien du taux de la dernière année.
- Nouveau contrat de niveau supérieur : maintien de la rémunération précédente.
- Vérifiez la convention collective : elle prévoit souvent mieux.
- Transport remboursé à 50 %, titres-restaurant, primes, cinq semaines de congés.
- Aucune prime de précarité au terme du contrat.
- Les aides de 5 000 à 6 000 € vont à l’employeur, pas à vous.
- Prime d’activité, aides au logement, Mobili-Jeune, Visale, Loca-Pass : à demander.
- L’aide de 500 € au permis n’existe plus depuis le 21 février 2026.