Taxe d’habitation sur la résidence secondaire : qui doit encore la payer ?

En 2026, la taxe d’habitation concerne les logements meublés qui ne constituent pas une résidence principale et dont le contribuable dispose au 1er janvier. Certaines communes appliquent une majoration pouvant atteindre 60 %. Des exonérations et recours restent possibles selon la situation.


Taxe d’habitation sur la résidence secondaire : qui doit encore la payer ?

La taxe d’habitation a été supprimée pour toutes les résidences principales depuis le 1er janvier 2023, quels que soient les revenus de leurs occupants.

Elle reste cependant due sur les résidences secondaires. Elle porte désormais le nom de taxe d’habitation sur les résidences secondaires, ou THRS.

Vous êtes en principe concerné si, au 1er janvier, vous disposez d’un logement :

  • suffisamment meublé pour être habité ;
  • qui n’est pas votre résidence principale ;
  • et que vous pouvez occuper à titre privatif.

Il peut s’agir d’une maison de vacances, d’un pied-à-terre ou d’un ancien logement conservé après un déménagement.

En 2026 :

  • les premiers avis seront disponibles en ligne à partir du 2 novembre ;
  • la date limite de paiement est fixée au 15 décembre ;
  • le paiement en ligne reste possible jusqu’au 20 décembre à minuit ;
  • certaines communes peuvent appliquer une majoration comprise entre 5 % et 60 %.

1. Qui doit payer la taxe d’habitation en 2026 ?

La taxe est établie en fonction de votre situation au 1er janvier 2026, pour l’ensemble de l’année.

Vous pouvez être redevable que vous soyez :

  • propriétaire ou usufruitier ;
  • locataire à l’année ;
  • occupant à titre gratuit.

La durée pendant laquelle vous occupez réellement le logement est sans incidence. Ce qui compte est la possibilité d’en disposer à titre privatif au 1er janvier.

Votre situation Taxe d’habitation ?
Maison de vacances dont vous êtes propriétaire Oui
Pied-à-terre que vous louez à l’année Oui, à votre nom
Logement loué à un locataire qui en fait sa résidence principale Non, ni pour vous ni pour le locataire
Logement que vous occupez une partie de l’année et louez en saisonnier le reste du temps Oui, si vous vous en réservez la jouissance
Meublé aménagé et réservé exclusivement à la location Non, mais la cotisation foncière des entreprises peut s’appliquer
Logement vide de meubles Non au titre de la THRS, mais une taxe sur les logements vacants peut s’appliquer
Ancienne résidence principale conservée après une entrée en Ehpad Exonération possible à compter de l’année suivant l’admission

La taxe porte également sur les dépendances immédiates du logement : garage, emplacement de stationnement privatif ou autre dépendance, même si elle n’est ni meublée ni directement attenante.

Le logement occupé pour des raisons professionnelles

Si votre activité professionnelle vous oblige à occuper un logement proche de votre lieu de travail alors que votre famille réside ailleurs, ce second logement est considéré comme une résidence secondaire.

La THRS reste due, mais vous pouvez demander à être dispensé de l’éventuelle majoration appliquée par la commune.

Et si le logement n’est pas meublé ?

Un logement non meublé échappe à la THRS.

En 2026, il peut toutefois être soumis :

  • à la taxe sur les logements vacants — TLV s’il est vacant depuis au moins un an et situé dans une commune concernée par cette taxe ;
  • ou à la taxe d’habitation sur les logements vacants — THLV s’il est vacant depuis plus de deux ans et situé dans une commune ayant instauré cette taxe.

Pour en savoir plus, consultez notre fiche Taxe sur les logements vacants : suis-je concerné ?


2. Comment la taxe est-elle calculée ?

La THRS est calculée à partir de la valeur locative cadastrale du logement et de ses dépendances.

Cette valeur correspond au loyer annuel théorique que le bien pourrait produire. Elle est revalorisée chaque année.

L’administration applique ensuite les taux votés par les collectivités locales concernées.

Contrairement à l’ancienne taxe d’habitation sur la résidence principale, la THRS ne bénéficie d’aucun abattement lié aux revenus ou aux charges de famille.

Il n’existe pas de simulateur permettant d’obtenir soi-même un montant fiable. Avant d’acheter un bien, vous pouvez :

  • demander au vendeur son dernier avis de taxe d’habitation ;
  • contacter le service des impôts fonciers du lieu où se trouve le logement.

3. La majoration en zone tendue : jusqu’à 60 % supplémentaires

Dans certaines communes situées en zone tendue, le conseil municipal peut majorer de 5 % à 60 % la part communale de la THRS.

Ces communes se caractérisent notamment par :

  • un déséquilibre important entre l’offre et la demande de logements ;
  • des loyers ou des prix immobiliers élevés ;
  • ou une forte proportion de résidences secondaires.

En 2026, 3 689 communes peuvent appliquer cette majoration :

  • 1 666 communes l’ont effectivement instaurée ;
  • 688 d’entre elles appliquent le taux maximal de 60 %.

Pour vérifier si votre commune est concernée, utilisez le simulateur de Service Public. Le taux réellement appliqué figure également sur votre avis.

Dans quels cas peut-on éviter la majoration ?

Vous pouvez demander un dégrèvement de la majoration dans trois situations :

  • votre activité professionnelle vous oblige à disposer d’un second logement proche de votre lieu de travail ;
  • le logement était votre résidence principale avant votre entrée durable dans un Ehpad, une maison de retraite ou un établissement de soins de longue durée ;
  • vous ne pouvez pas affecter le logement à une résidence principale pour une raison indépendante de votre volonté.

Cette dernière situation peut notamment concerner :

  • un logement nécessitant des travaux importants pour devenir habitable ;
  • un bien destiné à être démoli ou réhabilité ;
  • un logement proposé à la vente ou à la location au prix du marché, mais ne trouvant ni acquéreur ni locataire.

La demande doit être faite auprès du service des impôts dont dépend le logement.

Le dégrèvement porte uniquement sur la majoration : la THRS de base reste due.


4. Qui peut bénéficier d’une exonération ?

Les exonérations restent limitées.

Entrée en Ehpad ou dans un établissement spécialisé

Si vous quittez votre résidence principale pour être hébergé durablement dans un Ehpad, une maison de retraite ou un établissement de soins de longue durée, votre ancien logement devient fiscalement une résidence secondaire.

Vous êtes néanmoins exonéré de THRS sur ce logement à compter de l’année suivant votre admission, à condition d’en conserver la jouissance et de ne pas le louer.

Vos autres résidences secondaires restent imposables.

Retour forcé d’expatriation

Si vous revenez en France à la suite :

  • d’un appel officiel à quitter votre pays ou votre zone de résidence ;
  • ou d’une opération de retour collectif décidée par les autorités françaises,

vous pouvez demander un dégrèvement de THRS sur le logement qui constituait votre résidence principale en France avant votre départ.

Le dégrèvement concerne l’année de votre retour et suppose que la zone ou l’opération concernée figure sur la liste officielle fixée par arrêté.

Meublés de tourisme et chambres d’hôtes

Pour l’imposition 2026, les communes et intercommunalités situées en zone France ruralités revitalisation — ZFRR ou ZFRR+ pouvaient exonérer :

  • les meublés de tourisme classés ;
  • les chambres d’hôtes.

Cette exonération devait avoir été votée localement et ne s’applique donc pas automatiquement.

À partir de l’imposition 2027, toutes les communes et tous les établissements publics de coopération intercommunale à fiscalité propre peuvent instaurer cette exonération pour la part de THRS qui leur revient.

Pour s’appliquer en 2027, la délibération devait avoir été prise avant le 1er octobre 2026.

Le contribuable concerné devra également adresser une déclaration au service des impôts avant le 1er mars de l’année pour laquelle l’exonération est demandée.


5. Le calendrier de la taxe d’habitation 2026

Étape Vous n’êtes pas mensualisé Vous êtes mensualisé
Avis disponible dans votre espace impots.gouv.fr À partir du 2 novembre À partir du 16 novembre
Envoi de l’avis papier Du 5 au 16 novembre Du 19 au 26 novembre

Dates de paiement

  • 15 décembre 2026 : date limite si vous n’utilisez pas le paiement en ligne ;
  • 20 décembre 2026 à minuit : date limite pour le paiement en ligne ;
  • 28 décembre 2026 : prélèvement si vous avez opté pour le prélèvement automatique à l’échéance.

Au-delà de 300 €, le paiement doit obligatoirement être effectué en ligne ou par prélèvement.

Un défaut ou un retard de paiement peut entraîner une majoration de 10 %.

En cas de difficulté financière, demandez un délai de paiement dès la réception de l’avis : Je ne peux pas payer mes impôts : que faire ?

Si vous possédez plusieurs résidences secondaires situées dans des communes différentes, vous recevez un avis distinct pour chaque commune.


6. J’ai reçu un avis de taxe d’habitation à tort : que faire ?

Un avis erroné peut notamment résulter d’une déclaration d’occupation absente, incomplète ou incorrecte.

Les situations les plus fréquentes sont les suivantes :

  • l’avis concerne votre résidence principale ;
  • le logement est loué à l’année à un locataire qui en fait sa résidence principale ;
  • vous avez vendu le bien avant le 1er janvier 2026 ;
  • le logement était vide et non meublé au 1er janvier ;
  • l’administration n’a pas pris en compte un changement d’occupation.

La marche à suivre

  1. Vérifiez la situation au 1er janvier 2026.

    Réunissez les documents permettant de prouver l’occupation réelle du logement à cette date.

  2. Si vous êtes propriétaire, vérifiez votre déclaration d’occupation.

    Rendez-vous dans votre espace Finances publiques, rubrique « Biens immobiliers ». Corrigez si nécessaire l’identité de l’occupant, la nature de l’occupation et sa date de début.

  3. Déposez une réclamation.

    Utilisez la messagerie sécurisée de votre espace Finances publiques :

    « Écrire » → « Réclamation/Contestation » → « Taxe d’habitation ».

    Joignez les justificatifs adaptés : bail, acte de vente, état des lieux, factures d’énergie, relevés de compteurs ou avis fiscal mentionnant votre résidence principale.

  4. Demandez expressément un sursis de paiement.

    Une réclamation ne suspend pas automatiquement le paiement de la taxe. Si vous ne souhaitez pas payer avant la réponse de l’administration, vous devez demander un sursis de paiement dans votre réclamation.

    Lorsque le montant contesté dépasse 4 500 €, l’administration peut demander des garanties.

La simple correction de la déclaration d’occupation ne remplace pas la réclamation contre l’avis déjà émis.

Vous avez jusqu’au 31 décembre 2027 pour contester une taxe d’habitation mise en recouvrement en 2026.

Pour éviter qu’une erreur se reproduise, consultez également notre fiche Déclaration des biens immobiliers : que se passe-t-il si je l’ai oubliée ?


7. Modèle de message à envoyer aux impôts

Madame, Monsieur,

J’ai reçu un avis de taxe d’habitation sur les résidences secondaires au titre de l’année 2026, d’un montant de [montant] €, concernant le logement situé [adresse], référence de l’avis [numéro].

Or, ce logement ne constituait pas une résidence secondaire à ma disposition au 1er janvier 2026 :

[il constituait ma résidence principale depuis le… / il était loué depuis le… à M./Mme…, qui en faisait sa résidence principale / il avait été vendu le… / il était vide et non meublé].

Vous trouverez ci-joint les documents justifiant cette situation : [liste des justificatifs].

Si je suis propriétaire, j’ai également mis à jour la situation d’occupation du bien dans la rubrique « Biens immobiliers » de mon espace Finances publiques.

Je vous demande en conséquence le dégrèvement de cette imposition.

Je demande également expressément à bénéficier du sursis de paiement prévu par l’article L. 277 du Livre des procédures fiscales jusqu’à la décision prise sur cette réclamation.

Cordialement,

[Nom, prénom, numéro fiscal et coordonnées]

8. À retenir

  • La taxe d’habitation est supprimée sur les résidences principales depuis 2023.
  • Elle reste due sur les logements meublés qui ne constituent pas votre résidence principale et dont vous disposez au 1er janvier.
  • Elle peut concerner un propriétaire, un locataire à l’année ou un occupant à titre gratuit.
  • Un logement exclusivement réservé à la location n’est en principe pas soumis à la THRS si le propriétaire ne peut pas en disposer.
  • Certaines communes appliquent une majoration comprise entre 5 % et 60 %.
  • Trois situations permettent de demander un dégrèvement de cette majoration.
  • L’ancien logement d’une personne entrée durablement en Ehpad peut être exonéré à compter de l’année suivant son admission.
  • Pour 2026, la date limite de paiement est fixée au 15 décembre, ou au 20 décembre pour le paiement en ligne.
  • En cas d’avis erroné, corrigez la déclaration d’occupation si vous êtes propriétaire, puis déposez une réclamation distincte.
  • La taxe mise en recouvrement en 2026 peut être contestée jusqu’au 31 décembre 2027.