L’EURL expliquée simplement

L’EURL est une société à responsabilité limitée avec un seul associé. Elle permet de créer une entreprise seul, avec un cadre juridique plus structuré qu’une micro-entreprise. L’associé unique limite en principe sa responsabilité à ses apports, mais il doit respecter des obligations comptables, fiscales et sociales plus importantes.

L’EURL est une SARL à une seule personne.

Elle permet de créer une vraie société quand on est seul, avec :

  • un associé unique ;
  • un gérant ;
  • un capital social librement fixé ;
  • une responsabilité en principe limitée aux apports ;
  • une fiscalité au choix selon les cas : impôt sur le revenu ou impôt sur les sociétés.

L’EURL est souvent choisie par les entrepreneurs qui veulent une structure plus encadrée que la micro-entreprise, mais moins souple et parfois moins “startup” que la SASU.

1. Une EURL, c’est quoi ?

L’EURL signifie Entreprise unipersonnelle à responsabilité limitée.

En réalité, ce n’est pas une entreprise individuelle : c’est une société.

Elle ressemble beaucoup à une SARL, sauf qu’elle n’a qu’un seul associé.

Concrètement :

  • vous créez une société ;
  • la société a son propre patrimoine ;
  • vous détenez 100 % des parts sociales ;
  • vous pouvez être vous-même le gérant ;
  • la société signe les contrats, facture les clients et encaisse l’argent.

L’EURL peut exercer une activité commerciale, artisanale, libérale ou industrielle, sauf activités particulières soumises à des règles spécifiques.

2. Quelle différence avec une micro-entreprise ?

La micro-entreprise est un régime très simple pour démarrer.

L’EURL est plus structurée.

Micro-entreprise

  • création très simple ;
  • peu de formalités ;
  • comptabilité allégée ;
  • cotisations sociales calculées sur le chiffre d’affaires ;
  • plafonds de chiffre d’affaires ;
  • pas de déduction réelle des charges ;
  • adaptée pour tester une activité ou exercer avec peu de frais.

EURL

  • vraie société ;
  • statuts à rédiger ;
  • comptabilité complète ;
  • possibilité de déduire les charges réelles ;
  • meilleure crédibilité auprès de certains clients ou banques ;
  • pas les mêmes plafonds que la micro-entreprise ;
  • adaptée si l’activité devient plus sérieuse, plus rentable ou plus risquée.

En résumé :
la micro-entreprise est plus simple ; l’EURL est plus solide.

3. Quelle différence avec une SASU ?

L’EURL et la SASU permettent toutes les deux d’entreprendre seul.

La grande différence concerne surtout le statut social du dirigeant.

En EURL

Si le gérant est aussi l’associé unique, il relève du régime des travailleurs non salariés.

Cela signifie généralement :

  • des cotisations sociales moins élevées qu’en SASU ;
  • une protection sociale souvent moins complète ;
  • pas d’assurance chômage classique ;
  • une logique proche de l’indépendant.

En SASU

Le président relève en principe du régime des assimilés salariés.

Cela signifie généralement :

  • des cotisations sociales plus élevées ;
  • une meilleure protection sociale ;
  • pas d’assurance chômage classique non plus ;
  • une structure souvent préférée pour les projets avec investisseurs, levées de fonds ou forte croissance.

En résumé :
EURL = souvent moins chère socialement.
SASU = souvent plus souple et plus protectrice, mais plus coûteuse.

4. Suis-je responsable des dettes de l’EURL ?

En principe, la responsabilité de l’associé unique est limitée au montant de ses apports.

Exemple :
vous créez une EURL avec 1 000 € de capital. En principe, vous ne risquez que ce que vous avez apporté à la société.

Mais attention : cette protection a des limites.

Votre patrimoine personnel peut être exposé si :

  • vous vous portez caution d’un prêt bancaire ;
  • vous commettez une faute de gestion ;
  • vous mélangez argent personnel et argent de la société ;
  • vous ne respectez pas les règles comptables ou fiscales ;
  • vous utilisez la société de façon frauduleuse.

L’EURL protège mieux qu’une activité exercée sans structure, mais elle ne rend pas intouchable.

5. Qui dirige l’EURL ?

L’EURL est dirigée par un gérant.

Le plus souvent, l’associé unique est aussi le gérant.

Mais il est aussi possible de nommer une autre personne.

Deux situations principales :

  • gérant associé unique : vous possédez la société et vous la dirigez ;
  • gérant non associé : quelqu’un d’autre dirige la société pour le compte de l’associé unique.

Le gérant prend les décisions de gestion courante : contrats, factures, banque, embauches, déclarations, relations avec les clients et fournisseurs.

6. Quel capital social faut-il prévoir ?

Le capital social est librement fixé.

En théorie, on peut créer une EURL avec un capital très faible.

Mais en pratique, il faut réfléchir à l’image que cela donne.

Un capital trop bas peut poser problème :

  • auprès d’une banque ;
  • auprès d’un fournisseur ;
  • auprès d’un client important ;
  • si l’activité nécessite des investissements ;
  • si la société a besoin de crédibilité.

Le bon capital dépend donc du projet.

Pour une activité de service simple, un capital faible peut suffire.
Pour une activité avec achats, dettes, stocks ou emprunt, mieux vaut être plus crédible.

7. Comment l’EURL est-elle imposée ?

La fiscalité dépend de la personne qui détient l’EURL.

Lorsque l’associé unique est une personne physique, l’EURL est en principe soumise à l’impôt sur le revenu. Les bénéfices sont alors imposés directement entre les mains de l’associé unique.

Mais l’EURL peut aussi opter pour l’impôt sur les sociétés. Dans ce cas, c’est la société qui paie l’impôt sur ses bénéfices, et l’entrepreneur est imposé personnellement sur sa rémunération ou ses dividendes.

EURL à l’impôt sur le revenu

  • bénéfice imposé directement chez l’associé ;
  • logique assez proche de l’entreprise individuelle ;
  • intéressant si les bénéfices sont modérés ou si l’on veut éviter une double imposition ;
  • moins adapté si l’on veut laisser beaucoup d’argent dans la société.

EURL à l’impôt sur les sociétés

  • la société paie l’impôt sur ses bénéfices ;
  • la rémunération du gérant peut être déduite du résultat ;
  • possibilité de laisser de l’argent dans la société ;
  • fiscalité plus structurée ;
  • attention à la taxation des dividendes et à la sortie de l’argent.

Le choix IR / IS est l’un des points les plus importants avant de créer une EURL.

8. Quelles sont les obligations comptables ?

L’EURL doit tenir une vraie comptabilité.

Il faut notamment :

  • enregistrer les recettes ;
  • enregistrer les dépenses ;
  • conserver les justificatifs ;
  • établir des comptes annuels ;
  • déposer les comptes selon les règles applicables ;
  • avoir un compte bancaire professionnel ;
  • suivre les cotisations sociales et les impôts.

C’est plus lourd qu’une micro-entreprise.

En pratique, beaucoup d’entrepreneurs en EURL prennent un expert-comptable.

9. Comment créer une EURL ?

Les grandes étapes sont les suivantes :

  • choisir le nom de la société ;
  • définir l’activité ;
  • fixer le siège social ;
  • rédiger les statuts ;
  • déterminer le capital social ;
  • déposer les apports en numéraire sur un compte bloqué ;
  • nommer le gérant ;
  • publier une annonce légale ;
  • déposer le dossier de création sur le guichet unique ;
  • obtenir le Kbis ;
  • ouvrir le compte bancaire définitif ;
  • mettre en place la comptabilité.

La création se fait aujourd’hui via le guichet unique des formalités d’entreprises.

10. Quels sont les avantages de l’EURL ?

L’EURL présente plusieurs intérêts :

  • elle permet d’entreprendre seul ;
  • elle donne un cadre juridique clair ;
  • elle limite en principe la responsabilité ;
  • elle permet de déduire les charges réelles ;
  • elle est plus crédible qu’une micro-entreprise pour certains projets ;
  • elle permet d’opter pour l’impôt sur les sociétés ;
  • elle peut être transformée plus tard en SARL si un associé entre au capital.

C’est une bonne structure pour une activité sérieuse, rentable, avec des charges, des contrats ou un besoin de crédibilité.

11. Quels sont les inconvénients de l’EURL ?

L’EURL n’est pas toujours le meilleur choix.

Ses limites :

  • formalités de création plus lourdes ;
  • comptabilité obligatoire ;
  • coût de gestion plus élevé ;
  • statut social du gérant parfois moins protecteur ;
  • fonctionnement plus rigide qu’une SASU ;
  • dividendes parfois moins intéressants socialement qu’en SASU ;
  • nécessité de bien choisir entre IR et IS.

L’EURL est donc moins simple qu’une micro-entreprise et moins souple qu’une SASU.

12. Dans quels cas choisir une EURL ?

L’EURL peut être adaptée si :

  • vous entreprenez seul ;
  • vous voulez séparer votre activité de votre patrimoine personnel ;
  • vous avez des charges importantes à déduire ;
  • vous voulez une structure plus crédible qu’une micro-entreprise ;
  • vous ne cherchez pas forcément à faire entrer des investisseurs ;
  • vous voulez limiter le coût des cotisations sociales ;
  • vous exercez une activité stable, artisanale, commerciale, libérale ou de conseil.

Elle peut être moins adaptée si :

  • vous voulez lever des fonds ;
  • vous prévoyez d’associer rapidement plusieurs personnes ;
  • vous cherchez une grande souplesse statutaire ;
  • vous voulez une protection sociale plus proche du salariat ;
  • votre activité est très simple et peut rester en micro-entreprise.

Exemple simple

Julie lance une activité de conseil.

Au départ, elle crée une micro-entreprise pour tester son activité.

Au bout d’un an, elle facture davantage, a des frais professionnels, souhaite déduire ses charges, rassurer ses clients et mieux structurer son activité.

Elle peut alors créer une EURL.

La société facturera les clients, paiera les charges, versera éventuellement une rémunération à Julie, et déclarera ses résultats selon le régime fiscal choisi.

À retenir

  • L’EURL est une SARL avec un seul associé.
  • Elle permet d’entreprendre seul dans un cadre juridique structuré.
  • La responsabilité est en principe limitée aux apports.
  • Le gérant associé unique relève du régime des travailleurs non salariés.
  • L’EURL est en principe à l’impôt sur le revenu si l’associé unique est une personne physique.
  • Elle peut opter pour l’impôt sur les sociétés.
  • Elle est plus sérieuse mais plus lourde qu’une micro-entreprise.
  • Elle est souvent moins coûteuse socialement qu’une SASU, mais moins souple.
  • Le choix entre micro-entreprise, EURL et SASU dépend surtout de l’activité, du chiffre d’affaires, des charges, du besoin de protection sociale et du projet de développement.