Comment créer une micro-entreprise ?

La micro-entreprise, aussi appelée auto-entreprise, permet de démarrer une activité indépendante avec des formalités simples, une comptabilité allégée et des cotisations calculées sur le chiffre d’affaires encaissé.

Elle convient surtout pour :

  • tester une activité ;
  • travailler seul ;
  • exercer une activité complémentaire ;
  • vendre des prestations ou produits avec peu de frais ;
  • démarrer rapidement sans créer de société.

1. Vérifier que la micro-entreprise est adaptée

Avant de créer votre micro-entreprise, vérifiez que votre activité peut être exercée sous ce régime.

La micro-entreprise peut concerner notamment :

  • une activité commerciale ;
  • une activité artisanale ;
  • une activité libérale ;
  • certaines activités de service ;
  • une activité de vente en ligne ;
  • une activité de conseil, formation, création, prestation intellectuelle, etc.

En revanche, certaines activités sont exclues ou réglementées.

Exemples :

  • professions juridiques réglementées ;
  • professions de santé réglementées ;
  • activités agricoles relevant de régimes spécifiques ;
  • certaines activités immobilières ;
  • activités nécessitant diplôme, autorisation ou assurance obligatoire.

Si l’activité est réglementée, il faut pouvoir fournir le diplôme, l’autorisation ou le justificatif permettant de l’exercer.

2. Choisir son activité principale

Il faut identifier précisément l’activité exercée, car cela détermine :

  • votre code APE ;
  • votre catégorie fiscale ;
  • votre taux de cotisations sociales ;
  • vos plafonds de chiffre d’affaires ;
  • vos obligations éventuelles ;
  • votre caisse ou organisme de rattachement.

Exemples :

  • vente de marchandises ;
  • prestation de services commerciale ;
  • prestation de services artisanale ;
  • activité libérale ;
  • location meublée ;
  • activité mixte.

Il est important de bien formuler l’activité au départ. Une description trop vague ou mal classée peut créer des difficultés pour les déclarations, l’assurance ou la fiscalité.

3. Faire la déclaration de début d’activité

La création se fait en ligne sur le guichet unique des formalités des entreprises.

La demande d’immatriculation doit être faite :

  • au plus tôt 1 mois avant le début d’activité ;
  • au plus tard dans les 15 jours suivant la date de début d’activité.

La formalité permet de déclarer officiellement l’activité auprès de l’administration.

4. Préparer les documents nécessaires

Pour créer la micro-entreprise, il faut généralement prévoir :

  • une pièce d’identité ;
  • un justificatif de domicile ou de domiciliation de l’entreprise ;
  • une déclaration sur l’honneur de non-condamnation ;
  • une attestation de filiation ;
  • éventuellement un diplôme ou une autorisation si l’activité est réglementée ;
  • éventuellement une attestation d’information du conjoint si vous êtes marié sous le régime de la communauté ;
  • éventuellement un justificatif si votre conjoint ou partenaire de Pacs travaille dans l’entreprise.

Service-public liste notamment le justificatif de domiciliation, la copie de pièce d’identité, la déclaration de non-condamnation et, pour les activités réglementées, la copie du diplôme ou de l’autorisation d’exercice.

5. Combien coûte la création ?

Dans la plupart des cas, la création d’une micro-entreprise est gratuite.

Les formalités sont gratuites pour :

  • les activités commerciales ;
  • les activités artisanales ;
  • les activités libérales.

Exception notable : l’activité d’agent commercial peut nécessiter une immatriculation spécifique au RSAC, avec un coût indiqué à 23,21 €.

Attention aux sites privés qui facturent inutilement la création. Il faut privilégier les sites officiels.

6. Recevoir son numéro SIREN / SIRET

Après le dépôt du dossier, vous recevez d’abord un récépissé de dépôt de dossier de création d’entreprise.

Une fois l’immatriculation validée, la micro-entreprise reçoit ses numéros d’identification :

  • SIREN : identifiant de l’entreprise ;
  • SIRET : identifiant de l’établissement ;
  • code APE : code d’activité principale.

Le récépissé permet déjà d’accomplir certaines démarches, par exemple souscrire une assurance, dans l’attente de l’immatriculation définitive.

7. Créer son espace Urssaf

Après la création, il faut créer son espace sur le portail officiel des auto-entrepreneurs de l’Urssaf.

Cet espace sert à :

  • déclarer le chiffre d’affaires ;
  • payer les cotisations sociales ;
  • télécharger des attestations ;
  • suivre les échéances ;
  • modifier certaines informations.

L’Urssaf rappelle que la déclaration du chiffre d’affaires est obligatoire chaque mois ou chaque trimestre, même lorsque le chiffre d’affaires est nul.

8. Choisir la périodicité de déclaration

Vous devez déclarer votre chiffre d’affaires :

  • soit chaque mois ;
  • soit chaque trimestre.

En général, le choix se fait au moment de la création ou dans l’espace Urssaf.

Conseil pratique

  • Mensuel : plus régulier, utile pour suivre l’activité.
  • Trimestriel : plus simple, moins fréquent, mais il faut bien mettre de côté les cotisations.

Dans tous les cas, il faut déclarer même si vous avez encaissé 0 €.

9. Demander l’ACRE si vous y avez droit

L’ACRE est une aide qui permet une réduction temporaire de cotisations sociales au début de l’activité.

Elle peut concerner notamment certains créateurs :

  • demandeurs d’emploi ;
  • bénéficiaires de certaines aides ;
  • jeunes de moins de 26 ans ;
  • personnes en situation spécifique ;
  • créateurs remplissant les conditions prévues.

Pour les micro-entrepreneurs, la demande d’ACRE doit être faite auprès de l’Urssaf dans un délai maximum de 60 jours à compter de la date de début d’activité déclarée via le guichet unique.

10. Vérifier la TVA

Au départ, beaucoup de micro-entrepreneurs bénéficient de la franchise en base de TVA.

Cela signifie :

  • vous ne facturez pas la TVA ;
  • vous ne récupérez pas la TVA sur vos achats ;
  • vos factures doivent indiquer une mention du type :
    “TVA non applicable, article 293 B du CGI”.

Mais attention : la micro-entreprise ne signifie pas absence définitive de TVA. Si vous dépassez certains seuils, vous pouvez devenir redevable de la TVA.

Pour 2026, les seuils de franchise mentionnés par l’administration restent notamment de :

  • 85 000 € pour les activités de vente ;
  • 37 500 € pour les prestations de services ;
  • avec des seuils majorés, notamment 93 500 € pour la vente et 41 250 € pour les services.

11. Ouvrir un compte bancaire dédié

Un compte bancaire dédié peut être obligatoire si votre chiffre d’affaires dépasse un certain seuil pendant deux années consécutives.

Même lorsqu’il n’est pas immédiatement obligatoire, il est fortement conseillé d’avoir un compte séparé pour :

  • distinguer les dépenses personnelles et professionnelles ;
  • suivre les encaissements ;
  • faciliter les déclarations ;
  • éviter les erreurs ;
  • mieux piloter l’activité.

Ce compte n’est pas forcément un compte “professionnel” coûteux : un compte séparé peut parfois suffire selon la situation.

12. Souscrire une assurance si nécessaire

Certaines activités nécessitent une assurance obligatoire.

Exemples :

  • bâtiment ;
  • travaux ;
  • santé/bien-être selon l’activité ;
  • transport ;
  • conseil sensible ;
  • activités avec accueil du public ;
  • prestations présentant un risque pour les clients.

Même si elle n’est pas obligatoire, une responsabilité civile professionnelle est souvent recommandée.

13. Comprendre les charges sociales

En micro-entreprise, les cotisations sociales sont calculées sur le chiffre d’affaires encaissé.

Cela signifie :

  • si vous encaissez 0 €, vous déclarez 0 € ;
  • vos cotisations dépendent de votre activité ;
  • vous ne déduisez pas vos frais réels ;
  • les cotisations sont payées à l’Urssaf.

Exemples de chiffre d’affaires à déclarer :

  • facture payée par un client ;
  • vente encaissée ;
  • prestation réglée ;
  • paiement reçu via plateforme.

Ce qui compte, c’est en général l’argent encaissé, pas seulement la facture émise.

14. Comprendre l’impôt sur le revenu

Le micro-entrepreneur paie aussi l’impôt sur le revenu.

Les revenus sont déclarés dans la déclaration annuelle, généralement via la déclaration complémentaire 2042-C-PRO.

Selon votre activité, l’administration applique un abattement forfaitaire pour frais professionnels, puis impose le bénéfice forfaitaire.

Vous pouvez aussi, sous conditions, choisir le versement libératoire de l’impôt sur le revenu, qui permet de payer l’impôt en même temps que les cotisations sociales.

Ce choix n’est intéressant que dans certains cas : il faut comparer avec votre situation fiscale personnelle.

15. Attention à la CFE

La micro-entreprise peut être redevable de la cotisation foncière des entreprises.

Bonne nouvelle : aucune CFE n’est due au titre de l’année de création. À partir de la deuxième année d’activité, vous pouvez devenir redevable de la CFE.

À surveiller :

  • déclaration initiale de CFE ;
  • adresse de domiciliation ;
  • exonérations éventuelles ;
  • chiffre d’affaires faible ;
  • activité exercée à domicile.

16. Faire des factures conformes

Dès que vous facturez un client, vos factures doivent être propres et complètes.

Elles doivent notamment contenir :

  • votre nom ou nom commercial ;
  • votre adresse ;
  • votre numéro SIREN/SIRET ;
  • la date ;
  • le numéro de facture ;
  • l’identité du client ;
  • la prestation ou le produit vendu ;
  • le prix ;
  • la mention TVA si vous êtes en franchise ;
  • les conditions de paiement ;
  • les pénalités de retard pour les clients professionnels.

Une mauvaise facturation peut créer des difficultés en cas de contrôle, d’impayé ou de litige client.

Checklist de création

Avant de lancer :

  • définir précisément l’activité ;
  • vérifier si elle est réglementée ;
  • vérifier les plafonds et la TVA ;
  • préparer les justificatifs ;
  • faire la déclaration sur le guichet unique ;
  • attendre le SIRET ;
  • créer l’espace Urssaf ;
  • choisir mensuel ou trimestriel ;
  • demander l’ACRE si vous y avez droit ;
  • ouvrir un compte séparé ;
  • souscrire une assurance si nécessaire ;
  • créer un modèle de facture ;
  • suivre les encaissements ;
  • déclarer le chiffre d’affaires même à zéro.

Exemple simple

Vous voulez lancer une activité de conseil en communication.

À faire :

  • déclarer l’activité sur le guichet unique ;
  • choisir une activité libérale ou prestation de services selon la qualification exacte ;
  • recevoir votre SIRET ;
  • créer votre espace Urssaf ;
  • facturer vos clients avec la mention de franchise de TVA si vous êtes sous les seuils ;
  • déclarer votre chiffre d’affaires chaque mois ou trimestre ;
  • reporter vos revenus dans la déclaration annuelle.

Les erreurs fréquentes

Évitez de :

  • commencer à facturer sans immatriculation ;
  • utiliser un site privé payant non officiel ;
  • oublier de déclarer 0 € de chiffre d’affaires ;
  • croire que “micro-entreprise” signifie absence d’impôt ;
  • oublier la TVA en cas de dépassement des seuils ;
  • ne pas demander l’ACRE dans les délais ;
  • confondre chiffre d’affaires et bénéfice ;
  • oublier l’assurance professionnelle ;
  • mélanger compte personnel et compte professionnel ;
  • mal choisir l’activité déclarée.

Modèle de message à l’Urssaf

Rédaction

Bonjour,

Je viens de créer une micro-entreprise pour l’activité suivante : [décrire l’activité].

Je souhaite vérifier les éléments suivants :

  • la catégorie de mon activité ;
  • le taux de cotisations applicable ;
  • la périodicité de déclaration ;
  • mon éventuelle éligibilité à l’ACRE ;
  • les premières échéances de déclaration de chiffre d’affaires.

Mon numéro SIRET est le suivant : [numéro].

Je vous remercie par avance pour votre réponse.

Cordialement,

[Nom et prénom]

À retenir

  • La création d’une micro-entreprise se fait en ligne sur le guichet unique.
  • La formalité est gratuite dans la plupart des cas.
  • Il faut déclarer le début d’activité au plus tard 15 jours après le début réel.
  • Après l’immatriculation, vous recevez un SIREN/SIRET.
  • Vous devez créer votre espace Urssaf et déclarer votre chiffre d’affaires, même à zéro.
  • Pensez à l’ACRE, à la TVA, à la CFE, à l’assurance et aux factures.
  • La micro-entreprise est simple, mais elle impose quand même une vraie discipline administrative.