Mon voisin fait trop de bruit : que puis-je faire ?

Bruit de voisinage : vos recours contre les nuisances sonores, tapage nocturne, aboiements, fêtes répétées, travaux bruyants, défaut d’isolation et troubles anormaux du voisinage.

Vous n’êtes pas obligé de supporter un bruit répétitif, excessif ou anormal. En revanche, tout ce qui relève de la vie normale en collectivité n’est pas forcément sanctionnable : enfants qui jouent, talons, déplacement occasionnel de meubles, fête exceptionnelle ou travaux en journée peuvent être tolérés selon le contexte. Vous vivez en société, il faut accepter la vie qui vous entoure. 

Les situations les plus fréquentes

Le problème peut venir d’un voisin qui fait de la musique, crie, reçoit souvent du monde, laisse un chien aboyer, bricole à des heures inadaptées ou utilise un appareil bruyant. Il peut aussi venir d’un locataire, d’un commerce voisin, d’un bar, d’un chantier ou d’un défaut d’isolation acoustique dans l’immeuble. 

Ce que vous devez faire d’abord

Commencez par parler calmement au voisin. Beaucoup de situations se règlent à ce stade. Si cela ne suffit pas, envoyez un courrier simple, puis un courrier recommandé si le bruit continue. Si le voisin est locataire, il est utile d’écrire aussi à son propriétaire ; en copropriété, vous pouvez également prévenir le syndic. 

Service-Public met à disposition un modèle de courrier de mise en demeure et un modèle pour demander au maire d’intervenir 

https://www.service-public.gouv.fr/simulateur/calcul/MiseEnDemeureDeCesserLesNuisancesDeVoisinage

Les preuves à garder

Gardez tout ce qui peut montrer que le trouble est réel et répété : dates et heures, vidéos ou enregistrements pris loyalement, SMS, mails, lettres, témoignages de voisins, pétition, interventions de police, et, si nécessaire, constat d’un commissaire de justice. Le constat peut être très utile si le conflit dure ou si vous pensez aller plus loin. 

Quand appeler la police ou la gendarmerie

Si le bruit est en cours, surtout la nuit ou s’il est particulièrement fort, vous pouvez demander à la police ou à la gendarmerie de venir constater. Les bruits ou tapages injurieux ou nocturnes troublant la tranquillité d’autrui peuvent être sanctionnés par une amende pouvant aller jusqu’à 450 euros. Ils peuvent aussi donner lieu à une amende forfaitaire de 68 euros si elle est réglée rapidement, ou 180 euros après délai. 

Si le voisin est locataire

Le locataire doit user paisiblement du logement. Si les nuisances viennent de lui et qu’il ne réagit pas, vous pouvez prévenir son propriétaire par lettre recommandée. Si le bailleur, bien informé, ne fait rien pour faire cesser un trouble anormal, sa responsabilité peut aussi être recherchée. 

Si le problème vient de l’immeuble lui-même

Quand le bruit vient surtout d’un défaut d’isolation, d’un revêtement de sol changé ou d’une situation anormale dans l’immeuble, il peut être possible d’obtenir qu’un propriétaire insonorise son logement, sous certaines conditions, notamment lorsqu’un trouble anormal du voisinage est établi. 

Avant le tribunal

Si les démarches amiables échouent, vous devez en principe tenter un règlement amiable formel, par exemple avec un conciliateur de justice, un médiateur ou une procédure participative, avant d’aller devant le juge. Cette étape est exigée pour pouvoir ensuite saisir le tribunal dans ce type de litige. 

Ce que le juge peut faire

Le juge peut ordonner l’arrêt des nuisances et vous accorder des dommages et intérêts si vous prouvez votre préjudice. En pratique, plus votre dossier est documenté, plus vous avez de chances d’être entendu. 

Les bons réflexes en 5 étapes

  • Parler au voisin
  • Noter les faits et conserver des preuves
  • Envoyer un courrier simple puis recommandé
  • Prévenir le propriétaire ou le syndic si nécessaire
  • Faire constater, puis tenter une conciliation avant une action en justice 

À éviter

N’appelez pas la police pour de faux motifs. Une fausse dénonciation peut avoir de lourdes conséquences. Évitez aussi les “représailles” sonores, qui aggravent souvent le conflit et peuvent se retourner contre vous. 

Quand demander de l’aide

Si la situation dure, si elle touche votre santé, si le voisin devient agressif ou si vous ne savez pas à qui écrire, vous pouvez vous faire aider par l’ADIL, une Maison de justice et du droit, un conciliateur de justice, ou un commissaire de justice pour constater les nuisances.