yberharcèlement : que faire si je suis harcelée sur internet ? Si vous recevez des insultes, menaces, messages répétés, faux comptes ou publications humiliantes, conservez les preuves, faites des captures d’écran, bloquez les auteurs, signalez les contenus aux plateformes et à PHAROS, contactez le 3018 et déposez plainte si les faits sont graves ou répétés.
Si vous êtes harcelée sur internet, il faut agir vite : ne pas répondre aux attaques, conserver les preuves, signaler les contenus, bloquer les comptes, demander de l’aide et déposer plainte si nécessaire.
Le cyberharcèlement peut avoir lieu sur les réseaux sociaux, par SMS, messagerie privée, email, forum, jeu en ligne, site internet ou application.
Qu’est-ce que le cyberharcèlement ?
Le cyberharcèlement est une forme de harcèlement commise par internet ou par un moyen numérique.
Il peut prendre plusieurs formes :
- insultes répétées ;
- moqueries publiques ;
- menaces ;
- messages privés agressifs ;
- diffusion de rumeurs ;
- publication de photos ou vidéos humiliantes ;
- création de faux comptes ;
- usurpation d’identité ;
- divulgation d’informations personnelles ;
- appels à la haine ;
- chantage à l’image intime ;
- harcèlement en groupe.
La victime doit collecter un maximum de preuves : captures d’écran, copies de mails, enregistrements, témoignages, certificat médical ou main courante déjà déposée.
1. Ne répondez pas aux messages violents
C’est souvent difficile, mais il vaut mieux éviter de répondre aux insultes ou aux provocations.
Répondre peut :
- alimenter le harcèlement ;
- fournir de nouveaux éléments aux harceleurs ;
- compliquer la lecture du dossier ;
- vous exposer à des propos qui pourraient être retournés contre vous.
Le bon réflexe : documenter, bloquer, signaler.
2. Conservez toutes les preuves
Avant de supprimer ou bloquer, gardez les preuves.
Conservez notamment :
- captures d’écran avec date, heure, pseudo et URL ;
- liens vers les publications ;
- messages privés ;
- emails ;
- SMS ;
- noms ou pseudos des comptes ;
- profils des auteurs ;
- témoignages ;
- certificats médicaux si votre santé est affectée ;
- preuve des signalements faits aux plateformes.
Service-public recommande de collecter un maximum de preuves en cas de cyberharcèlement, notamment les captures d’écran, copies de mails, enregistrements audio ou vidéo, attestations de témoins ou certificats médicaux.
Conseil utile
Si les contenus sont graves ou risquent d’être supprimés, vous pouvez demander à un commissaire de justice de faire un constat. Cela peut renforcer votre dossier.
3. Bloquez les harceleurs et sécurisez vos comptes
Après avoir conservé les preuves :
- bloquez les comptes concernés ;
- passez vos profils en privé ;
- changez vos mots de passe ;
- activez la double authentification ;
- vérifiez les appareils connectés à vos comptes ;
- limitez les commentaires publics ;
- signalez les faux comptes ;
- prévenez vos proches si votre nom ou vos photos sont utilisés.
Si quelqu’un accède à vos comptes ou menace de publier des contenus, il peut aussi s’agir d’une cybermalveillance. Dans ce cas, vous pouvez consulter les services publics spécialisés comme Cybermalveillance.gouv.fr ou 17Cyber.
4. Signalez les contenus aux plateformes
Les réseaux sociaux et plateformes ont des formulaires de signalement.
Vous pouvez demander la suppression :
- d’insultes ;
- de menaces ;
- d’images intimes ;
- de faux profils ;
- de publications humiliantes ;
- de contenus haineux ;
- de données personnelles diffusées sans accord.
Justice.fr indique qu’une victime de harcèlement en ligne peut demander la suppression des contenus illicites et déposer plainte contre l’auteur du cyberharcèlement, voire contre l’hébergeur du site internet selon les cas.
5. Signalez les contenus illicites sur PHAROS
Pour les contenus manifestement illicites sur internet, vous pouvez faire un signalement sur PHAROS, le portail officiel de signalement des contenus illicites de l’internet.
PHAROS permet de signaler un contenu illicite ; le signalement est traité par un policier ou un gendarme.
Cela peut concerner notamment :
- menaces ;
- appels à la haine ;
- contenus violents ;
- escroqueries ;
- contenus sexuels impliquant un mineur ;
- diffusion de contenus interdits.
Attention : le signalement PHAROS ne remplace pas toujours un dépôt de plainte si vous voulez que l’auteur soit poursuivi.
6. Appelez le 3018 si vous avez besoin d’aide
Le 3018 est un service d’aide en cas de cyberharcèlement et de violences numériques, particulièrement utile pour les jeunes, parents et victimes de contenus préjudiciables.
Le 3018 est présenté comme un service gratuit, anonyme et confidentiel, qui peut aider et intervenir auprès des réseaux sociaux pour faire supprimer certains contenus rapidement.
Vous pouvez le contacter si :
- vous ne savez pas quoi faire ;
- vous avez peur ;
- une photo ou vidéo circule ;
- un mineur est concerné ;
- les plateformes ne réagissent pas ;
- vous avez besoin d’être accompagnée.
7. Déposez plainte si les faits sont graves ou répétés
Vous pouvez déposer plainte au commissariat, à la gendarmerie ou par courrier au procureur de la République.
Vous pouvez déposer plainte pour :
- harcèlement en ligne ;
- menaces ;
- injures ;
- diffamation ;
- usurpation d’identité ;
- atteinte à la vie privée ;
- diffusion d’images intimes ;
- chantage ;
- violences sexistes ou sexuelles en ligne.
Justice.fr indique qu’en cas de cyberharcèlement, il faut signaler les faits à la police ou à la gendarmerie et qu’il est possible de déposer plainte.
À apporter lors du dépôt de plainte
- captures d’écran imprimées ou sur clé ;
- liens URL ;
- pseudos et profils ;
- dates et heures ;
- identité de l’auteur si connue ;
- certificats médicaux ;
- témoignages ;
- preuve des signalements aux plateformes.
8. Si vous êtes mineure ou si la victime est mineure
Il faut alerter rapidement un adulte de confiance :
- parent ;
- professeur ;
- CPE ;
- chef d’établissement ;
- médecin ;
- association ;
- 3018 ;
- police ou gendarmerie en cas de danger.
Le 3018 est un numéro de référence pour les enfants, adolescents et parents confrontés au cyberharcèlement.
En cas de danger immédiat, il faut appeler le 17 ou le 112.
9. Si des photos intimes circulent
Il faut agir très vite.
À faire :
- garder les preuves ;
- signaler immédiatement aux plateformes ;
- contacter le 3018 ;
- demander le retrait des contenus ;
- déposer plainte ;
- ne pas céder au chantage ;
- ne pas envoyer d’autres images ou d’argent.
Si vous êtes menacée de diffusion d’images intimes, il peut s’agir de chantage ou de violences numériques graves.
10. Si le harcèlement vient d’un collègue, d’un ex-conjoint ou d’un proche
Le cyberharcèlement peut s’ajouter à d’autres formes de violences ou de pressions.
Selon la situation, vous pouvez aussi :
- prévenir votre employeur si le harcèlement a un lien avec le travail ;
- demander une protection en cas de violences conjugales ;
- alerter l’établissement scolaire si la victime est élève ;
- consulter un avocat ;
- saisir le juge compétent si une mesure de protection est nécessaire.
11. Modèle de message pour signaler à une plateforme
Bonjour,
Je signale un contenu me concernant publié sans mon accord / contenant des insultes, menaces ou propos de harcèlement.
Lien du contenu : [copier le lien]
Compte auteur : [pseudo ou nom]
Date de publication : [date]
Ce contenu porte atteinte à ma personne et s’inscrit dans une situation de harcèlement en ligne. Je vous demande sa suppression rapide et la conservation des éléments utiles à une éventuelle enquête.
Cordialement,
[Nom]
12. Modèle de message pour demander de l’aide
Bonjour,
Je suis victime de harcèlement en ligne depuis le [date / période].
Les faits se produisent sur [réseau social / messagerie / site] et prennent la forme de [insultes, menaces, diffusion de photos, faux compte, messages répétés, etc.].
J’ai conservé des captures d’écran et les liens des contenus concernés.
Pouvez-vous m’indiquer les démarches à suivre pour faire cesser ces faits, obtenir le retrait des contenus et déposer plainte si nécessaire ?
Cordialement,
[Nom]
13. Les erreurs à éviter
Évitez de :
- répondre aux insultes ;
- supprimer les messages avant d’avoir gardé les preuves ;
- rester seule ;
- payer en cas de chantage ;
- envoyer de nouvelles photos ;
- croire que “ce n’est pas grave parce que c’est sur internet” ;
- attendre que les contenus disparaissent ;
- utiliser seulement le signalement plateforme sans autre démarche ;
- négliger l’impact sur votre santé.
À retenir
Si vous êtes harcelée sur internet :
- ne répondez pas aux provocations ;
- faites des captures d’écran ;
- conservez les liens et les pseudos ;
- bloquez les comptes après avoir gardé les preuves ;
- signalez les contenus aux plateformes ;
- signalez les contenus illicites sur PHAROS ;
- contactez le 3018 si vous avez besoin d’aide ;
- déposez plainte si les faits sont graves ou répétés ;
- consultez un médecin si votre santé est affectée.
En résumé : le cyberharcèlement n’est pas “juste internet”. C’est une violence qui peut être signalée, poursuivie et sanctionnée. Le plus important est de conserver les preuves et de demander de l’aide rapidement.