Un véhicule peut être mis en fourrière en cas de stationnement gênant, dangereux ou abusif, ou après certaines infractions. La première chose à faire est de localiser le véhicule, d'obtenir l'autorisation de sortie et de le récupérer vite, car les délais avant vente ou destruction sont courts depuis la réforme de 2021 (15 jours, voire 10 pour une épave). Les frais, encadrés par arrêté, sont à la charge du propriétaire. La contestation se fait auprès du procureur de la République (ou du préfet), et devant le tribunal judiciaire pour obtenir l'annulation. En cas de relaxe ou d'irrégularité, les frais peuvent être remboursés.
Vous revenez à l’endroit où vous aviez garé votre voiture, et elle a disparu. Avant de penser à un vol, vérifiez si elle n’a pas été mise en fourrière — en cas de stationnement gênant, très gênant, abusif ou dangereux, ou à la suite de certaines infractions au Code de la route.
La priorité est simple : retrouver le véhicule vite, obtenir l’autorisation de sortie et le récupérer rapidement pour éviter que les frais ne s’accumulent — et, dans les cas extrêmes, que le véhicule soit vendu ou détruit.
1. Pourquoi un véhicule peut-il être mis en fourrière ?
Plusieurs situations le permettent : stationnement gênant, très gênant, dangereux ou abusif (véhicule laissé plus de 7 jours au même endroit), stationnement sur une place réservée, un trottoir ou un passage piéton, véhicule gênant la circulation, immobilisé après une infraction, défaut d’assurance dans certains cas, véhicule abandonné ou épave, ou stationnement sur une propriété privée sans droit.
La mise en fourrière sert à faire cesser une gêne ou un danger, mais elle peut aussi accompagner certaines sanctions routières.
2. Comment savoir si ma voiture est en fourrière ?
Vous pouvez vérifier en ligne grâce au téléservice officiel, en renseignant votre numéro d’immatriculation et les informations du certificat d’immatriculation. Vous pouvez aussi contacter la police municipale, la police nationale, la gendarmerie, la fourrière locale, la mairie, ou la préfecture de police à Paris.
Si le véhicule n’apparaît nulle part, signalez rapidement une disparition suspecte (vol éventuel).
3. Que faire si l’enlèvement n’est pas encore terminé ?
C’est une règle précise et utile à connaître : tant que moins de deux roues du véhicule ont quitté le sol, l’enlèvement n’a pas juridiquement commencé.
- Avant ce stade : vous pouvez reprendre immédiatement votre véhicule, en réglant uniquement les frais d’opérations préalables (environ 15 €) ou en vous engageant par écrit à les payer.
- Une fois deux roues au moins décollées du sol : l’enlèvement est considéré comme engagé, et la récupération devient plus coûteuse.
Dans tous les cas, restez calme et demandez clairement quelles démarches sont possibles sur place.
Attention : s’opposer physiquement à l’immobilisation ou à l’enlèvement est un délit, puni de 3 mois d’emprisonnement, 3 750 € d’amende et un retrait de 6 points.
4. Comment récupérer un véhicule en fourrière ?
La marche à suivre :
- identifier la fourrière où se trouve le véhicule ;
- obtenir l’autorisation de sortie (aussi appelée mainlevée), délivrée par les forces de l’ordre ;
- présenter les documents nécessaires ;
- payer les frais de fourrière ;
- récupérer le véhicule.
L’autorisation de sortie peut souvent être obtenue en ligne via le téléservice officiel.
5. Quels documents faut-il fournir ?
On peut vous demander : une pièce d’identité, le permis de conduire, le certificat d’immatriculation (carte grise), une attestation d’assurance, le contrôle technique en cours de validité, l’autorisation de sortie, et un mandat si vous récupérez le véhicule pour quelqu’un d’autre.
Si le véhicule n’est pas assuré ou n’est pas en état de circuler, des démarches supplémentaires seront exigées (voir points 14 et 15).
6. Combien coûte une mise en fourrière ?
Les frais sont encadrés par un arrêté national (ce sont des tarifs maxima). À titre indicatif, pour une voiture particulière en 2025 :
- immobilisation matérielle (pose d’un sabot) : 7,60 € ;
- opérations préalables : 15,20 € ;
- enlèvement : environ 120 € (jusqu’à 150 € à Paris) ;
- garde journalière : 6,42 € dans la plupart des communes, 10 € à Lyon, Marseille et Toulouse, 29 € à Paris.
Important : depuis la réforme des fourrières du 1er avril 2021, les frais d’expertise qui s’ajoutaient autrefois ont été supprimés. Si une ancienne information vous réclame ces frais, elle n’est plus à jour.
Plus vous attendez, plus les frais de garde s’accumulent : d’où l’intérêt d’agir vite.
7. Qui doit payer les frais de fourrière ?
En principe, ils sont à la charge du propriétaire du véhicule : enlèvement, garde journalière, frais préalables, et — si le véhicule n’est pas récupéré — frais de vente ou de destruction.
Bon à savoir : même si votre véhicule avait été volé puis mis en fourrière, la garantie vol de votre assurance auto ne couvre pas les frais de fourrière. En cas de vol ou d’usage sans votre accord, réunissez les preuves (dépôt de plainte, déclaration de vol, justificatifs) : la mise en fourrière peut alors être levée au profit d’un conducteur autorisé.
8. Que se passe-t-il si je ne récupère pas le véhicule ?
C’est là que la réforme de 2021 a tout changé : les délais sont désormais très courts.
Une notification de mise en fourrière vous est adressée par lettre recommandée dans les 5 jours ouvrables. À partir de là :
- le véhicule peut être considéré comme abandonné et remis au service des Domaines (pour être vendu) au bout de 15 jours à compter de l’enlèvement ;
- pour un véhicule de faible valeur ou en mauvais état (épave), ce délai tombe à 10 jours à compter de la mise en demeure, et il part directement à la destruction.
Le piège de l’abandon : ne rien faire ne vous libère pas de la dette. Même si le véhicule est vendu ou détruit, vous restez redevable des frais d’enlèvement et de garde, que le Trésor public réclamera ensuite. Si le véhicule ne vous intéresse plus, le bon réflexe est d’aller officialiser sa cession pour destruction à la fourrière le plus tôt possible, pour « arrêter le compteur » des frais de garde.
9. Peut-on contester une mise en fourrière ?
Oui, si vous l’estimez injustifiée : stationnement non interdit, signalisation absente ou peu visible, véhicule ne gênant pas, erreur dans le procès-verbal, véhicule volé, procédure non respectée, ou enlèvement depuis un emplacement privé sans base valable.
Mais attention : contester ne dispense pas de récupérer le véhicule. En pratique, récupérez-le d’abord pour limiter les frais de garde, puis contestez ensuite avec un dossier solide. Payer pour récupérer le véhicule ne vaut pas renonciation à contester.
10. Comment contester, et auprès de qui ?
La procédure dépend de l’origine de la mise en fourrière — la notification vous indique l’autorité à saisir :
- le procureur de la République du lieu de l’enlèvement, lorsque la fourrière fait suite à une infraction (le cas le plus fréquent : stationnement gênant, etc.) ;
- le préfet du lieu de l’enlèvement dans les autres cas (par exemple, préservation d’un site classé).
Cette autorité dispose de 5 jours ouvrables pour confirmer la mise en fourrière ou en ordonner la mainlevée.
Point essentiel souvent ignoré : ce recours ne suffit pas à faire annuler la mesure. Pour obtenir l’annulation, vous devez saisir en parallèle le tribunal judiciaire du lieu de l’enlèvement (et non le tribunal administratif, qui n’est pas compétent pour la restitution).
Constituez un dossier de preuves : photos de l’emplacement et de la signalisation, avis de contravention, notification de mise en fourrière, facture, autorisation de sortie, justificatif de paiement, témoignages, et preuve de vol le cas échéant.
11. Peut-on récupérer les frais si la mise en fourrière était injustifiée ?
Oui, dans plusieurs cas :
- en cas de relaxe définitive (lorsque l’infraction est jugée non constituée), vous pouvez demander le remboursement des frais d’enlèvement et de garde au titre des frais de justice, dans un délai de 6 mois suivant la décision ;
- si la fourrière faisait suite à un délit ou une contravention de 5e classe et que le procureur n’a pas prolongé la mesure dans les 7 jours, vous pouvez réclamer le remboursement de l’enlèvement et des 7 premiers jours de garde ;
- si le juge annule la procédure, le remboursement se demande à l’autorité de fourrière (commune ou préfecture).
Joignez toujours la décision favorable, la facture de fourrière, les justificatifs de paiement et les documents de sortie.
12. Que faire si le véhicule a été abîmé en fourrière ?
Inspectez le véhicule immédiatement à la sortie : carrosserie, pare-chocs, jantes, pneus, rétroviseurs, vitres, intérieur, kilométrage, objets présents.
Si vous constatez un dommage, signalez-le par écrit sur place, prenez des photos, et demandez que l’état du véhicule soit mentionné. Vous pouvez ensuite demander la fiche descriptive établie lors de l’enlèvement (un service en ligne permet de la télécharger) pour comparer.
Particularité : la réclamation pour dégradation se fait auprès de l’autorité de fourrière, et en cas de refus, le recours se porte cette fois devant le tribunal administratif (et non judiciaire).
13. Que faire si le véhicule appartient à quelqu’un d’autre ?
Pour récupérer le véhicule d’un proche, présentez : votre pièce d’identité, celle du propriétaire, un mandat écrit, le certificat d’immatriculation, les documents du véhicule, et votre permis si vous conduisez. Sans autorisation claire, la fourrière peut refuser de remettre le véhicule.
14. Que faire si le véhicule n’est plus assuré ?
Vous ne pourrez pas repartir avec un véhicule non assuré (et il ne faut surtout pas le conduire sans assurance). Il faudra : souscrire une assurance et fournir une attestation, ou faire transporter le véhicule par un professionnel (dépanneur).
15. Que faire si le contrôle technique n’est plus valable ?
La sortie est alors encadrée. Selon la situation, il faudra faire transporter le véhicule, prendre rendez-vous pour un contrôle technique, ou respecter les conditions précises imposées par l’autorisation de sortie. Demandez ces conditions à la fourrière.
16. Les bons réflexes
Dès que vous pensez que votre véhicule est en fourrière : vérifiez en ligne avec l’immatriculation, contactez les services compétents, obtenez l’autorisation de sortie, récupérez le véhicule rapidement (les délais de vente/destruction sont courts), conservez tous les justificatifs, prenez des photos si vous contestez, inspectez le véhicule à la sortie, puis contestez ensuite si nécessaire.
L’erreur à éviter : attendre plusieurs jours sans agir.
17. Modèle de courrier de contestation de mise en fourrière
Objet : Contestation d’une mise en fourrière
Madame, Monsieur,
Je conteste la mise en fourrière de mon véhicule immatriculé [numéro], intervenue le [date] à [lieu].
Cette mesure me paraît injustifiée pour les raisons suivantes :
- [absence de signalisation, stationnement non gênant, erreur d’adresse, véhicule volé, procédure irrégulière, etc.] ;
- [éléments concrets].
J’ai récupéré mon véhicule le [date] et réglé les frais suivants : enlèvement [montant] €, garde [montant] €, autres frais [montant] €.
Je vous demande de bien vouloir réexaminer cette décision et, si la mise en fourrière est reconnue injustifiée, de procéder au remboursement des frais engagés.
Vous trouverez ci-joint les justificatifs utiles : facture de fourrière, autorisation de sortie, photos, copie de la notification, justificatif de paiement.
Je vous prie d’agréer, Madame, Monsieur, l’expression de mes salutations distinguées.
[Signature]
18. Modèle de courrier en cas de dégradation du véhicule
Objet : Réclamation pour dégradation constatée à la sortie de fourrière
Madame, Monsieur,
J’ai récupéré le [date] mon véhicule immatriculé [numéro], placé en fourrière à [lieu].
Lors de la récupération, j’ai constaté les dommages suivants :
- [décrire le dommage n°1] ;
- [décrire le dommage n°2].
Ces dommages n’étaient pas présents avant l’enlèvement du véhicule.
Je vous demande de bien vouloir me transmettre le dossier d’enlèvement et de garde du véhicule, ainsi que la fiche descriptive établie lors de la prise en charge, et de m’indiquer les modalités de prise en charge de ces dégradations.
Vous trouverez ci-joint les photos prises lors de la récupération ainsi que les justificatifs utiles.
Je vous prie d’agréer, Madame, Monsieur, l’expression de mes salutations distinguées.
[Signature]
19. Questions fréquentes
Comment savoir si ma voiture est en fourrière ? Vérifiez en ligne avec le numéro d’immatriculation, ou contactez la police, la gendarmerie, la police municipale ou la fourrière compétente.
Peut-on récupérer une voiture sans payer les frais ? En principe non : tous les frais doivent être réglés pour obtenir la restitution.
Les frais augmentent-ils chaque jour ? Oui, la garde journalière s’ajoute tant que le véhicule reste en fourrière.
Au bout de combien de temps mon véhicule peut-il être vendu ou détruit ? 15 jours après l’enlèvement en règle générale, ou 10 jours après la mise en demeure pour un véhicule de faible valeur ou en mauvais état. Les délais sont donc courts : il faut agir vite.
Peut-on contester après avoir payé ? Oui. Payer pour récupérer le véhicule ne vaut pas renonciation à contester.
À qui adresser la contestation ? Au procureur de la République si la fourrière fait suite à une infraction, au préfet dans les autres cas — et au tribunal judiciaire en parallèle pour obtenir l’annulation. La notification précise l’autorité.
Que faire si la voiture a été volée avant la mise en fourrière ? Fournir les preuves du vol (plainte, déclaration à l’assurance). Attention : l’assurance ne couvre pas les frais de fourrière.
À retenir
- Vérifiez rapidement si le véhicule est en fourrière (téléservice avec l’immatriculation).
- Tant que moins de 2 roues ont quitté le sol, vous pouvez reprendre le véhicule contre les seuls frais préalables (~15 €).
- Les frais (encadrés) : enlèvement ~120 € (150 € à Paris), garde 6,42 €/jour (29 € à Paris) ; les frais d’expertise ont disparu en 2021.
- Le propriétaire paie en principe tous les frais, même en cas de vol (l’assurance ne les couvre pas).
- Un véhicule non récupéré peut être vendu ou détruit dès 15 jours (10 jours pour une épave) — et la dette reste due.
- Contestation : procureur (infraction) ou préfet, + tribunal judiciaire pour l’annulation.
- En cas de relaxe, remboursement possible dans les 6 mois au titre des frais de justice.
- Inspectez toujours le véhicule à la sortie et conservez tous les justificatifs.